Rixes, bagarres : Différence entre versions

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===1791 - A La Nocle, les enfants ''battent'' la caisse et les adultes se battent entre eux===
 
===1791 - A La Nocle, les enfants ''battent'' la caisse et les adultes se battent entre eux===
 
Dans le climat de tension qui marque le printemps 1791 (fuite du roi), le moindre incident peut dégénérer. A La Nocle, c’est l’impéritie des responsables de la garde nationale qui déclenche une rixe. Le 24 juillet 1791, autour de six heures du soir, le serrurier Pierre Renault est attablé au cabaret ; il joue aux cartes avec le patron, Jean Revelin, et trois autres clients. Soudain, il entend battre la caisse ; comme Pierre Renault a été nommé sergent de la garde nationale, il sort se ranger sous les ordres.<br> Toutefois sa surprise est grande : c’est un enfant d’environ huit ans qui porte le tambour suspendu à son col et qui frappe énergiquement sur la peau, au risque de la crever ; il est suivi par une troupe de marmots, qui ''jouent aux soldats''. Pierre Renault leur fait des remontrances, en insistant sur le mauvais traitement qu’ils infligent à la caisse. Puis il s’apprête à reprendre son jeu de cartes.<br> C’est alors que le trop consciencieux sergent est pris à partie par trois hommes : le cabaretier Louis Baudin et les frères Beauplet. Renault est injurié, Baudin lui donne des coups de poing et le menace de lui passer une épée dans le ventre, Joseph et Gilbert Beauplet l’accusent « ''d’être un sale aristocrate'' » et veulent l’''écarteler'' ! Le principal défaut de Pierre Renault, à leurs yeux, c’est d’être un allié du juge de paix Ricord, « ''ce f… Ricord'' » dont le parti s’oppose aux frères Beauplet.<br> Pierre Renault porte plainte auprès du district de Decize, il réclame des sanctions contre ses agresseurs et des réparations. Mais Gilbert Beauplet siège au directoire du district et le tribunal rejette la plainte « ''attendu qu’il ne s’agit que d’une querelle particulière et de quelques injures  verbales''… ». Dépité, le serrurier Pierre Renault dépose auprès du notaire de Saint-Seine, accompagné par plusieurs témoins, dans l’espoir qu’un autre tribunal saura l’écouter un jour…
 
Dans le climat de tension qui marque le printemps 1791 (fuite du roi), le moindre incident peut dégénérer. A La Nocle, c’est l’impéritie des responsables de la garde nationale qui déclenche une rixe. Le 24 juillet 1791, autour de six heures du soir, le serrurier Pierre Renault est attablé au cabaret ; il joue aux cartes avec le patron, Jean Revelin, et trois autres clients. Soudain, il entend battre la caisse ; comme Pierre Renault a été nommé sergent de la garde nationale, il sort se ranger sous les ordres.<br> Toutefois sa surprise est grande : c’est un enfant d’environ huit ans qui porte le tambour suspendu à son col et qui frappe énergiquement sur la peau, au risque de la crever ; il est suivi par une troupe de marmots, qui ''jouent aux soldats''. Pierre Renault leur fait des remontrances, en insistant sur le mauvais traitement qu’ils infligent à la caisse. Puis il s’apprête à reprendre son jeu de cartes.<br> C’est alors que le trop consciencieux sergent est pris à partie par trois hommes : le cabaretier Louis Baudin et les frères Beauplet. Renault est injurié, Baudin lui donne des coups de poing et le menace de lui passer une épée dans le ventre, Joseph et Gilbert Beauplet l’accusent « ''d’être un sale aristocrate'' » et veulent l’''écarteler'' ! Le principal défaut de Pierre Renault, à leurs yeux, c’est d’être un allié du juge de paix Ricord, « ''ce f… Ricord'' » dont le parti s’oppose aux frères Beauplet.<br> Pierre Renault porte plainte auprès du district de Decize, il réclame des sanctions contre ses agresseurs et des réparations. Mais Gilbert Beauplet siège au directoire du district et le tribunal rejette la plainte « ''attendu qu’il ne s’agit que d’une querelle particulière et de quelques injures  verbales''… ». Dépité, le serrurier Pierre Renault dépose auprès du notaire de Saint-Seine, accompagné par plusieurs témoins, dans l’espoir qu’un autre tribunal saura l’écouter un jour…
 
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*Pierre Volut, A.D.Nièvre, District de Decize, cote 1 L 95
Pierre Volut, ''Decize, le Rocher et la Révolution'', version CD-ROM.<br> (A.D.Nièvre, District de Decize, cote 1 L 95).
 
  
 
===1900 - Rixe grave à Château-Chinon===
 
===1900 - Rixe grave à Château-Chinon===
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PLISSONNIER n'a que quelques égratignures. Le médecin, appelé à donner ses soins à X..., a déclaré que ses blessures étaient sans gravité; les balles tirées étaient du calibre 7.<br>
 
PLISSONNIER n'a que quelques égratignures. Le médecin, appelé à donner ses soins à X..., a déclaré que ses blessures étaient sans gravité; les balles tirées étaient du calibre 7.<br>
 
Les combattants ont été arrêtés sur l'ordre du parquet et incarcérés à la maison d'arrêt de Château-Chinon. Une instruction est ouverte.
 
Les combattants ont été arrêtés sur l'ordre du parquet et incarcérés à la maison d'arrêt de Château-Chinon. Une instruction est ouverte.
 
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*Le Journal de la Nièvre – 09/01/1900
Le Journal de la Nièvre – 09/01/1900
 
  
 
===1911 - Des chanteurs qui s'amusent moins gentiment===
 
===1911 - Des chanteurs qui s'amusent moins gentiment===
 
*Jeanne Seurre, 32 ans, et son compagnon Louis-Félix Batailly, 33 ans, voulaient chanter dans l'auberge Cousson ; comme le patron a refusé, ils ont brisé une vitre ; ils se sont également rendus coupables d'outrages envers les gendarmes qui sont venus interrompre leur scandale.
 
*Jeanne Seurre, 32 ans, et son compagnon Louis-Félix Batailly, 33 ans, voulaient chanter dans l'auberge Cousson ; comme le patron a refusé, ils ont brisé une vitre ; ils se sont également rendus coupables d'outrages envers les gendarmes qui sont venus interrompre leur scandale.
 
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*La Tribune Républicaine, 22 avril 1911.
La Tribune Républicaine, 22 avril 1911.
 
  
 
===1928 - Querelles de mariniers à la Justice de Paix de Decize===
 
===1928 - Querelles de mariniers à la Justice de Paix de Decize===
 
Les mariniers sont réputés pour être ''forts en gueule'', et les marinières n’ont pas la langue dans leur poche. Hortense Saniez, marinière du bateau ''Malestrance'', est accusée par Virginie Wattiaux, épouse Landrieux (équipage du ''Bidel'') de l’avoir traitée ainsi que son époux de « ''vaches, putains, voleurs, fumiers, pourris…'' », d’avoir ajouté : « ''ton mari est un cocu… si tu descends à terre, je t’assomme…'' » Le juge repousse le jugement à quinzaine, afin de trouver des témoins. Mais, à l’audience suivante, il retrouve Virginie Wattiaux qui, cette fois, est elle-même accusée d’avoir injurié Gabriel Monnerat, marinier à bord de l’ ''Armançon'' : « ''Salopiau, blanc-bec, trou du cul… il aurait mieux fait d’aller défendre son pays et il porte des insignes militaires qu’il n’a pas gagnés'' ». En revanche, plusieurs témoins disent que Monnerat a commencé la querelle en prétendant : « ''S’il n’y avait pas tant de monde, je vous foutrais à l’eau tous les deux, je vous reverrai, je vous ferai manger tout l’argent que vous avez gagné pendant la guerre…'' ». Monnerat est condamné aux dépens. Landrieux gagne un autre procès contre le charretier Joseph Combrez, non pas pour une affaire d’insultes, mais à propos de remorquage et de foin fourni aux ânes.<br> Il n’est pas facile de travailler avec des gens aussi susceptibles, aussi imprévisibles que ces mariniers. La Société des Sables et Graviers poursuit le marinier Jean Michel, qui s’est engagé à conduire le bateau ''Le Plâtre Journot'' à Clamecy avec un chargement de sable. Le sable est livré, mais Michel abandonne le bateau à Clamecy au lieu de le ramener à Decize. Le constructeur de péniches Saintoyen doit faire prononcer une saisie-arrêt pour se faire rembourser 507 francs que lui doit le marinier Bédier
 
Les mariniers sont réputés pour être ''forts en gueule'', et les marinières n’ont pas la langue dans leur poche. Hortense Saniez, marinière du bateau ''Malestrance'', est accusée par Virginie Wattiaux, épouse Landrieux (équipage du ''Bidel'') de l’avoir traitée ainsi que son époux de « ''vaches, putains, voleurs, fumiers, pourris…'' », d’avoir ajouté : « ''ton mari est un cocu… si tu descends à terre, je t’assomme…'' » Le juge repousse le jugement à quinzaine, afin de trouver des témoins. Mais, à l’audience suivante, il retrouve Virginie Wattiaux qui, cette fois, est elle-même accusée d’avoir injurié Gabriel Monnerat, marinier à bord de l’ ''Armançon'' : « ''Salopiau, blanc-bec, trou du cul… il aurait mieux fait d’aller défendre son pays et il porte des insignes militaires qu’il n’a pas gagnés'' ». En revanche, plusieurs témoins disent que Monnerat a commencé la querelle en prétendant : « ''S’il n’y avait pas tant de monde, je vous foutrais à l’eau tous les deux, je vous reverrai, je vous ferai manger tout l’argent que vous avez gagné pendant la guerre…'' ». Monnerat est condamné aux dépens. Landrieux gagne un autre procès contre le charretier Joseph Combrez, non pas pour une affaire d’insultes, mais à propos de remorquage et de foin fourni aux ânes.<br> Il n’est pas facile de travailler avec des gens aussi susceptibles, aussi imprévisibles que ces mariniers. La Société des Sables et Graviers poursuit le marinier Jean Michel, qui s’est engagé à conduire le bateau ''Le Plâtre Journot'' à Clamecy avec un chargement de sable. Le sable est livré, mais Michel abandonne le bateau à Clamecy au lieu de le ramener à Decize. Le constructeur de péniches Saintoyen doit faire prononcer une saisie-arrêt pour se faire rembourser 507 francs que lui doit le marinier Bédier
 
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*Justice de Paix de Decize année 1928 - A.D.N., cote 4 U2 41-46 - Pierre Volut, DVD-ROM ''Un Siècle à Decize et aux environs, 1928-A''<br>
Justice de Paix de Decize année 1928 - A.D.N., cote 4 U2 41-46 - Pierre Volut, DVD-ROM ''Un Siècle à Decize et aux environs, 1928-A''<br>
 
  
 
===Les Chinois agressés et agresseurs.===
 
===Les Chinois agressés et agresseurs.===
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<small>(1) ''Paris-Centre'', 28 novembre 1919.<br> (2) ''La Croix du Nivernais'', 13 février 1927.</small><br><br>
 
<small>(1) ''Paris-Centre'', 28 novembre 1919.<br> (2) ''La Croix du Nivernais'', 13 février 1927.</small><br><br>
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Texte de Pierre Volut http://histoiresdedecize.pagesperso-orange.fr/index.htm et http://lesbleuetsdecizois.blogspot.fr/ mis en page par [[Utilisateur:Mnoel|Martine NOËL]] ([[Discussion utilisateur:Mnoel|discussion]]) 25 avril 2018 à 13:15 (CEST)
 
Texte de Pierre Volut http://histoiresdedecize.pagesperso-orange.fr/index.htm et http://lesbleuetsdecizois.blogspot.fr/ mis en page par [[Utilisateur:Mnoel|Martine NOËL]] ([[Discussion utilisateur:Mnoel|discussion]]) 25 avril 2018 à 13:15 (CEST)
 
  
 
[[Catégorie:Vie locale, moeurs]]
 
[[Catégorie:Vie locale, moeurs]]
 
[[Catégorie: Faits divers]]
 
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Version actuelle datée du 5 avril 2021 à 13:57

1791 - A La Nocle, les enfants battent la caisse et les adultes se battent entre eux

Dans le climat de tension qui marque le printemps 1791 (fuite du roi), le moindre incident peut dégénérer. A La Nocle, c’est l’impéritie des responsables de la garde nationale qui déclenche une rixe. Le 24 juillet 1791, autour de six heures du soir, le serrurier Pierre Renault est attablé au cabaret ; il joue aux cartes avec le patron, Jean Revelin, et trois autres clients. Soudain, il entend battre la caisse ; comme Pierre Renault a été nommé sergent de la garde nationale, il sort se ranger sous les ordres.
Toutefois sa surprise est grande : c’est un enfant d’environ huit ans qui porte le tambour suspendu à son col et qui frappe énergiquement sur la peau, au risque de la crever ; il est suivi par une troupe de marmots, qui jouent aux soldats. Pierre Renault leur fait des remontrances, en insistant sur le mauvais traitement qu’ils infligent à la caisse. Puis il s’apprête à reprendre son jeu de cartes.
C’est alors que le trop consciencieux sergent est pris à partie par trois hommes : le cabaretier Louis Baudin et les frères Beauplet. Renault est injurié, Baudin lui donne des coups de poing et le menace de lui passer une épée dans le ventre, Joseph et Gilbert Beauplet l’accusent « d’être un sale aristocrate » et veulent l’écarteler ! Le principal défaut de Pierre Renault, à leurs yeux, c’est d’être un allié du juge de paix Ricord, « ce f… Ricord » dont le parti s’oppose aux frères Beauplet.
Pierre Renault porte plainte auprès du district de Decize, il réclame des sanctions contre ses agresseurs et des réparations. Mais Gilbert Beauplet siège au directoire du district et le tribunal rejette la plainte « attendu qu’il ne s’agit que d’une querelle particulière et de quelques injures verbales… ». Dépité, le serrurier Pierre Renault dépose auprès du notaire de Saint-Seine, accompagné par plusieurs témoins, dans l’espoir qu’un autre tribunal saura l’écouter un jour…

  • Pierre Volut, A.D.Nièvre, District de Decize, cote 1 L 95

1900 - Rixe grave à Château-Chinon

Le 6 janvier courant, vers 6 heures et demie du soir, M. Joseph X..., âgé de 36 ans, bijoutier à Château-Chinon, se présentant chez sa femme, née Noémie CH..., également bijoutière, et dont il est séparé; une querelle fut la conséquence de cette visite. Voyant qu'elle ne pouvait faire sortir son mari, Mme CH... appela à l'aide son ouvrier horloger, nommé Eugène PLISSONNIER, âgé de 23 ans. Celui-ci accourut et ayant invité, sans résultat, X... à déguerpir, le prit par les épaules pour le mettre dehors. Ne pouvant y parvenir, PLISSONNIER saisit un revolver et fit feu à trois reprises et à bout portant. L'une des balles s'aplatit sur la monture du porte monnaie de X..., une seconde s'amortit dans les habits sur sa poitrine et la troisième a, dit-on, pénétré dans le côté gauche. Il porte, en outre, quelques blessures au visage que PLISSONNIER lui a faites avec la crosse de son arme.
PLISSONNIER n'a que quelques égratignures. Le médecin, appelé à donner ses soins à X..., a déclaré que ses blessures étaient sans gravité; les balles tirées étaient du calibre 7.
Les combattants ont été arrêtés sur l'ordre du parquet et incarcérés à la maison d'arrêt de Château-Chinon. Une instruction est ouverte.

  • Le Journal de la Nièvre – 09/01/1900

1911 - Des chanteurs qui s'amusent moins gentiment

  • Jeanne Seurre, 32 ans, et son compagnon Louis-Félix Batailly, 33 ans, voulaient chanter dans l'auberge Cousson ; comme le patron a refusé, ils ont brisé une vitre ; ils se sont également rendus coupables d'outrages envers les gendarmes qui sont venus interrompre leur scandale.
  • La Tribune Républicaine, 22 avril 1911.

1928 - Querelles de mariniers à la Justice de Paix de Decize

Les mariniers sont réputés pour être forts en gueule, et les marinières n’ont pas la langue dans leur poche. Hortense Saniez, marinière du bateau Malestrance, est accusée par Virginie Wattiaux, épouse Landrieux (équipage du Bidel) de l’avoir traitée ainsi que son époux de « vaches, putains, voleurs, fumiers, pourris… », d’avoir ajouté : « ton mari est un cocu… si tu descends à terre, je t’assomme… » Le juge repousse le jugement à quinzaine, afin de trouver des témoins. Mais, à l’audience suivante, il retrouve Virginie Wattiaux qui, cette fois, est elle-même accusée d’avoir injurié Gabriel Monnerat, marinier à bord de l’ Armançon : « Salopiau, blanc-bec, trou du cul… il aurait mieux fait d’aller défendre son pays et il porte des insignes militaires qu’il n’a pas gagnés ». En revanche, plusieurs témoins disent que Monnerat a commencé la querelle en prétendant : « S’il n’y avait pas tant de monde, je vous foutrais à l’eau tous les deux, je vous reverrai, je vous ferai manger tout l’argent que vous avez gagné pendant la guerre… ». Monnerat est condamné aux dépens. Landrieux gagne un autre procès contre le charretier Joseph Combrez, non pas pour une affaire d’insultes, mais à propos de remorquage et de foin fourni aux ânes.
Il n’est pas facile de travailler avec des gens aussi susceptibles, aussi imprévisibles que ces mariniers. La Société des Sables et Graviers poursuit le marinier Jean Michel, qui s’est engagé à conduire le bateau Le Plâtre Journot à Clamecy avec un chargement de sable. Le sable est livré, mais Michel abandonne le bateau à Clamecy au lieu de le ramener à Decize. Le constructeur de péniches Saintoyen doit faire prononcer une saisie-arrêt pour se faire rembourser 507 francs que lui doit le marinier Bédier

  • Justice de Paix de Decize année 1928 - A.D.N., cote 4 U2 41-46 - Pierre Volut, DVD-ROM Un Siècle à Decize et aux environs, 1928-A

Les Chinois agressés et agresseurs.

À La Machine, le Chinois Tchen Fou-Tcheng est blessé de plusieurs coups de couteau par le dénommé Lauvernay(1). Cette agression n'est pas la première ; il semble que dès leur arrivée les Chinois aient eu à souffrir d'actes racistes à répétition, de la part des Français, mais aussi de la part de militaires américains.
Mais certains fils du ciel sont des joueurs invétérés ; parmi eux, il y a des tricheurs et des mauvais perdants qui savent aussi manier les armes à feu. Au Camp des Glénons, une bagarre éclate entre Tsouo Ting Piao, ouvrier à la tuilerie Redon de Thianges, et le mineur Ouang An Tcheng. Le premier nommé abat son adversaire à coup de revolver Browning. Il s’enfuit, en laissant derrière lui huit douilles de revolver(2).

Tapage à La Machine.

Guerre 1914-1918 57.jpg
Camions américains dans la campagne nivernaise

La Machine, 11 octobre 1918,
Monsieur le Préfet,

J'ai l'honneur de porter à votre connaissance la perturbation apportée au bon ordre et à la sécurité de circulation dans les rues de notre commune par des soldats américains cantonnés aux alentours.
Ces soldats dépendant du camp de Verneuil et surtout de Riégeot, commune de Champvert, viennent journellement et principalement le soir à partir de cinq heures se distraire dans notre commune et surtout s'enivrer en séjournant très tard, et parfois passent la nuit à circuler dans les rues, chantant, criant, invectivant les passants, troublant ainsi le sommeil de notre population laborieuse.
Dimanche dernier, à 6 heures du soir, un noir a brutalement frappé un Chinois, sans aucune provocation de ce dernier et, si certaines personnes du pays ne s'étaient interposées, il s'en serait suivi une représaille regrettable de la part de l'ensemble des Chinois.
Je vous demanderai, M. le Préfet, de bien vouloir intervenir au plus tôt auprès de l'Autorité Militaire américaine Commandant la Région, pour consigner notre commune aux Troupes Américaines, à moins que nos Alliés puissent organiser un service de police comme il en existe à Decize et dans d'autres localités.
Agréez, Monsieur le Préfet, l'assurance de ma considération très distinguée.
Le Maire.

En marge : « Envoyer copie de cette lettre au capitaine Girerd, en le priant d'intervenir auprès de l'Aut. Militaire américaine. On ne saurait consigner la ville de La Machine aux troupes américaines que s'il est impossible d'organiser un service de police américaine dans la ville. »

Près de Riégeot, les Américains effectuent des coupes de bois, pour la construction des camps de Verneuil, Marcy et Sougy. Le sergent Harry Dennis en témoigne dans une lettre.
Les soldats viennent à La Machine, principalement à la maison de passe, et pour les nombreux débits de boissons.

(1) Paris-Centre, 28 novembre 1919.
(2) La Croix du Nivernais, 13 février 1927.



Texte de Pierre Volut http://histoiresdedecize.pagesperso-orange.fr/index.htm et http://lesbleuetsdecizois.blogspot.fr/ mis en page par Martine NOËL (discussion) 25 avril 2018 à 13:15 (CEST)