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Source : Écrits de Louis Gueneau  
 
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Relevé dans la presse :<br> Vente publique de chevaux et mulets de l'Armée américaine.<br>
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*A Nevers (Nièvre) [[Nevers quai Amiral Jacquinot|<u>quai Amiral Jacquinot</u>]], les mardi, mercredi et jeudi de chaque semaine, à 8 h 1/2. Première vente à Nevers le 1<small><sup>er</sup></small> avril. 200 Chevaux et mulets par jour. Au comptant. 8,50 % en sus des enchères.
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:(''Paris-Centre'', samedi 29 mars 1919)<br>
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Texte communiqué par Pierre Volut
  
 
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Version actuelle datée du 21 décembre 2019 à 15:00

Le Ravelin
Le Ravelin est en quelque sorte le stand des arquebusiers. On appelle ainsi une sorte de fortification en forme de demi-lune, en avant des remparts, près de la porte du Pont Cizeau, entre deux bras de la Nièvre. Construit à la fin du XVIe siècle, cet ouvrage a disparu aujourd'hui. Une inscription de l'année 1591, retrouvée dans les fouilles, porte les noms de Henri IV, de Ludovic de Gonzague et de Henriette de Clèves, des échevins et du procureur du fait commun.
Les arquebusiers s'étaient établis au Ravelin avec l'autorisation de la ville et des ducs. Le 28 mars 1621, ils adressaient une requête au pouvoir municipal. Toutes les sociétés de tir à l'arquebuse s'installent dans les fossés des villes ou près des remparts. Ils ont donc jeté leur dévolu sur le Ravelin du Pont Cizeau, « lieu commode à tel effet ». Le 11 février 1622, les échevins leur donnent satisfaction. La compagnie de St Charles s'installe au Ravelin, aménage une butte, fait construire une maison pour abriter les armes et les réunions des confrères. Ainsi les échevins de Nevers pouvaient dire avec raison que les avantages des arquebusiers n'avaient pas d'autre origine que les bienfaits de la ville. Ces libéralités expliquent le contrôle du pouvoir municipal sur la confrérie.
Mais le Ravelin, de même que les remparts, dépendait aussi de la censive ducale. Sous l'ancien régime, avec les persistances féodales, le droit de propriété est toujours difficile à définir. Le duc avait d'abord reconnu aux arquebusier le droit de faire leurs exercices, mais le terrain était occupé par des particuliers, qui le mettaient en culture. C'est ainsi qu'à cette époque le menuisier poète Adam Billaut était détenteur du Ravelin. Ce partage avec des particuliers était gênant pour la compagnie de St Charles. Toutefois cette situation cesse le 31 octobre 1613. Les chevaliers prennent alors la succession d'Adam Billaut sous la charge annuelle de 12 deniers de cens féodal, en donnant « homme vivant ou mourant » pour les mutations.
Aux XVIIe et XVIIIe siècles, la compagnie agrandit son domaine. En 1694, le duc lui délaisse encore, à titre de cens, la moitié de l’île St Charles. Les bouchers, toujours peu conciliants, semblent avoir disputé à la communauté les terrains de l’île St Charles. En 1717, après une sentence du Parlement, favorable aux arquebusiers, ceux ci procèdent à l'arpentage et à la délimitation de ces terrains.
En 1734, il lui abandonne à côté du Ravelin une bande de terre, longue de 23 toises et large de 14 pieds. En 1689, l'entré du Ravelin étant « fort étroite et incommode », les arquebusiers font élever, sur les plans du sieur Joseph Lingre, un portail monumental, qui contribuera, disent-ils, à « l'ornement et décoration » de la ville. Ils embellissent et réparent la maison, les murs et le jardin. Le terrain, en forme de « gâteau à trois cornes », est décoré de plantations d'arbres symétriques. Pour se créer des revenus, ils prennent des locataires, qui mettent en culture les plates-bandes, comme au temps d'Adam Billaut, avec cette différence que ces locataires sont sous l'étroite dépendance de la compagnie.
Le Ravelin présente un triple caractère : à certains jours, c'est un champ de tir, d'ordinaire c'est une promenade publique avec un café académie. Les habitants circulent dans les allées, tandis que la culture exploite les carrés. Jusqu'à la fin de l'ancien régime, les échevins laissent toute liberté aux arquebusiers. Ils exigent seulement que le Ravelin reste une promenade publique, ouverte à tous les habitants.
Le pouvoir ducal est plus exigeant et ne laisse pas ses droit féodaux tomber en désuétude. Par contrat du 24 août 1688, la compagnie avait cédé, à titre de cens, à Claude Girault, maître traiteur à Nevers, une petite portion du Ravelin pour y construire une glacière. Il s'engageait à fourni aux rois de l'oiseau la glace nécessaire « pour rafraîchir le vin » quand ils donneraient le festin en l'honneur de leur royauté. Il devait en fournir aussi aux officier de la butte.
Aussitôt, les cours ducales protestent contre cette construction. Le contrat est illégal. La Coutume ne permet pas d'établir « cens sur cens ». Finalement, en 1725, pour arranger l'affaire, le duc rachète la glacière moyennant 200 liards. Ses droits se trouvaient rétablis dans leur intégrité.

Source : Écrits de Louis Gueneau


Relevé dans la presse :
Vente publique de chevaux et mulets de l'Armée américaine.

  • A Nevers (Nièvre) quai Amiral Jacquinot, les mardi, mercredi et jeudi de chaque semaine, à 8 h 1/2. Première vente à Nevers le 1er avril. 200 Chevaux et mulets par jour. Au comptant. 8,50 % en sus des enchères.
(Paris-Centre, samedi 29 mars 1919)

Texte communiqué par Pierre Volut