Moux

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Relevé dans la presse

  • Mort accidentelle :
    Lundi matin, vers dix heures, Mme veuve Perruchot, âgée de quatre-vingt-quatre ans, a été tamponnée au passage à niveau du chemin qui conduit au Moulin-de-Lyonnet par la machine d'un train des chemins de fer économiques.
    Mme Perruchot est morte quelques heures après l'accident.
(Le Courrier de la Nièvre du 08/11/1903)


Charles Monot

Né à Moux, le 22 Juin 1830, du mariage de Pierre Monot de Pierre Monot et de Françoise Rasse. Il fait ses études au Lycée de Nevers, il en sort à 18 ans bachelier ès-sciences et ès-lettres.
Peu après, écoutant son grand-père maternel Charles Rasse, chirurgien à Moux,il entrait à l'Ecole de Médecine de Paris.
En 1854, année du choléra, la Commission d'hygiène, le désigna pour soigner les choleriques du quartier Mouffetard, à Paris. Son activité intelligente le signale à l'attention du Ministre de l'Intérieur qui lui confie la mission de combattre le même fléau en Haute Marne, le Doubs et l'Oise. Il reçut du Gouvernement une médaille d'honneur.
Docteur en médecine, il s'établit à Moux. c'est après son mariage avec Mlle Marie Meslier qu'il se fixa à Montsauche.
En 1867, il publie son premier mémoire : De l'industrie des nourrices et de la mortalité des petits enfants. cet ouvrage fut couronné par l'Académie de Médecine et lui valut une médaille d'or. Cinq ans plus tard, il publiait : De la mortalité excessive des enfants pendant la première année de leur existance, des causes et des moyens de la restreindre. La Société Protectrice de l'Enfance de Paris et de Lyon lui confère le titre de Membre honoraire.
Chevalier de la Légion d'Honneur en 1884.
Pendant cinquante ans, le docteur Monot fut maire de Montsauche, conseiller d'arrondissement, puis conseiller général pour le canton.
Il organisa le petit musée cantonal, malheureusement détruit pendant la guerre. La ville lui devait la construction de plusieurs édifices. Son passage au Conseil d'Arrondissement et du Conseil Général fut marqué par l'ouverture de la ligne de chemin de fer économique de Corbigny à Saulieu.
Il meurt le 14 Février 1914.

  • Source : Le Morvan coeur de la France - J. Bruley - Tomme I
  • Transcripteur : Mabalivet (discussion) 21 avril 2020 à 18:03 (CEST)

Une paysanne morvandelle - 1847

Madeleine BARREAU, veuve LORIOT reçoit le premier prix Montyon decerné dans la Nièvre

Le 18 septembre 1847, autour de toutes les notabilités du département de la Nièvre, une affluence considérable était venue à Château Chinon, pour assister à la remise du prix Montyon , villagroise de Montsauche.

Discours de M. de Ruffey, juge de paix.

"Messieurs, l'Académie Française, dans sa séance de juillet dernier, a décerné une médaille et un prix de cinq cents à Madeleine Barreau, veuve Loriot, pauvre paysanne, dont la longue carrière a été admirable de bienfaisance et du pureté.
Pour vous fare connaître, messieurs, combien cette récompense est méritée, je vais esquisser quelques traits de la vie de cette vertueuse femme.

Madeleine Barreau est née àMoux, il y a plus de quatre-vingts dix ans. Après sa naissance, ses parents, pauvres laboureurs, vinrent exploiter le domaine de Montgirault, situé dans le lieu le plus agreste de cette commune. C'est là que jeune encore, elle épouse Joseph Loriot, homme probe, laborieux, bienfaisant comme elle ; et cette union si bien assortie a duré cinquante-sept ans.
De ses premières années où il s'agissait cependant pour elle de faire face à de nouveaux besoins, à de nouveaux devoirs, Madeleine, épouse et bientôt mère, jeta sur les pauvres un regard compatissant, et les malheureux des environs reconnurent promptement combien le coeur de la jeune fermière était zélé dans sa bienfaisance et dans sa bonne volonté ; Madeleine, qui ne pouvait disposer d'aucune somme, qui avait même à lutter contre les exigences d'une position dépendante, trouva dès lors un moyen ingénieux de secourir ses voisins : elle leur réserva une partie des terrains que cultivait son mari.
A la famille sans pain, elle consacra un petit champ ensemencé en sarrazin ou en pommes de terre ; à la famille sans vêtements, elle assigna quelques parcelles de chènevière, et à tous elle, elle prodigua dans les cas de maladie ou de détresse morales, ses visites, ses soins et ses consolations.
En 1817, année beaucoup plus mauvaise que celle que nous venons de traverser, Madeleine fut sublime de charité : elle avait des recoupes, du son ; ses vaches, comme par compassion donnaient beaucoup de lait, et de tout cela, la sainte femme faisait une bouillie qu'elle distribuait, chaque jour, aux malheureux qui affluaient à la ferme.
M. Nettement, ancien juge de paix de ce canton, ne put voir sans admiration la conduite généreuse de Madeleine Barreau, les bonnes oeuvres qu'elle accomplissait autour d'elle, l'ordre parfait qu'elle maintenait dans son ménage rustique ; il l'appela à l'exploitation d'une propriété plus considérable, située au bourg même de Montsauche. dans cette nouvelle position, l'active et bienveillante fermière ne perdit aucune de ses nobles qualités ; il sembla même que le zèle de sa charité s'accrut avec ses ressources. L'humble maison de Joseph Loriot, grâce à l'inépuisable bonté de sa femme devint l'hôtellerie des pauvres. Les voygeurs indigents, les petits Savoyards égarés dans ces montagnes où ils retrouvaient l'âpreté des hivers de leur patrie, les vieillards délaissés, tous les affligés en un mot eurent, dès lors, un libre accès à la ferme, et jamais devant l'âtre du foyer, ces hôtes du malheur n'entendirent un mot brusque, une parole blessante.
Pendant l'été, les pauvres de Madeleine, couchaient sur les fenils de la ferme, mais durant les froides nuits d'hiver, ils étaient recueillis dans les étables ou ils trouvaient une meilleure température ; et en toute saison, matin et soir, on les conviait à la table commune. Quelqu'un des convives tombait-il malade, la fermière déployait alors l'activité de son caractère, elle visitait sans cesse son malheureux protégé, lui apportait des boissons chaudes, des vêtements réparés, et surtout des bonnes paroles de consolation. Quand l'hôte, rendu à la santé, retournait à ses travaux ou continuait sa route, Madeleine l'accompagnait, d'un air joyeux jusque sur le seuil, et ne lui demandait, pour toute récompense de ses soins, que la promesse de se conduire honnêtement et d'aimer Dieu.
Apprend-elle qu'un indigent est malade, qu'une famille est inopinément privée de ses ressources ordinaires, ell va visiter la chaumière attristée ; un chaudron en fer balnc suspendu au bras et rempli d'oeufs ou de laitage, elle traverse les champs avec activité. C'est la soeur de la charité de nos campagnes, on est sûr de la trouver partout où il y a des infortunes à soulager. Telles sont, messierus, les actions qui ont mérité à Madeleine Barreau, veuve Loriot, la médaille de cinq cents francs que lui a decernée l'Académie, en attendant la céleste récompense promise à ses vertus.

J'éprouve le besoin, messieurs, de louer la pensée doublement bonne qui vous a réunis en aussi grand nombre. Vous avez voulu voir briller l'auréole d'un prix Montyon sur la tête octogénaire d'une humble villageoise et l'entendre glorifier par l'éloquente parole de l'honrable M. Dupin..."

C'était le premier prix Montyon que recevait le département de la Nièvre, et il était donné à une modeste paysanne morvandelle du canton de Montsauche.
de telles vertus, écrivait l'abbé Charrault, ne sont pas rares en Morvan.
"Ni bon vent, ni bonnes gens ! Oserez-vous, vils détracteurs, répéter ce blasphème ?"

  • Source : Le Morvan coeur de la France - J. Bruley - Tome I
  • Transcripteur : Mabalivet (discussion) 15 avril 2020 à 18:20 (CEST)