L'Ecole Normale d'Institutrices : Différence entre versions

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Durant les 20 années qui suivirent, de nouveaux programmes furent appliqués. Le brevet supérieur divisé en trois séries d’épreuves distinctes est sanctionné par un examen à la fin de chacune des années d’études. L’intérêt pour les sciences physiques et naturelles est enrichi par des heures consacrées aux travaux pratiques. Il faut ainsi faire de nouvelles acquisitions et compléter les installations de gaz et d’électricité. L’éducation physique a aussi la part belle dans ces nouveaux programmes. L’étude de l’allemand est remplacée par l’étude de l’anglais. Ce changement s'est fait sans contestation.<br> À partir de 1934 les élèves-maîtresses de 3<small><sup>e</sup></small> année sont à même de compléter leur apprentissage professionnel par un début d’initiation à la pratique de l’enseignement dans les écoles à classe unique.<br> Avec la nouvelle menace de guerre le Service de Santé occupe l’École. La ville de [[Nevers|<u>Nevers</u>]] ne possède pas de locaux libres, des professeurs sont mobilisés. Face à ces difficultés, l’École est transférée à [[Varzy|<u>Varzy</u>]] ; les professeurs non mobilisés suivent les élèves. Tous les cours sont mixtes sauf les cours de chant et de langues vivantes.<br><br> À la rentrée d’octobre 1940 l’[[L'Ecole Normale d'Instituteurs de la Nièvre|<u>École Normale d'instituteurs</u>]] est occupée par les Allemands à l’exception des appartements du professeur-économe et de la directrice. Une nouvelle installation improvisée et provisoire s’impose. Les classes et les classes annexes trouvent place dans un immeuble en construction situé [[Nevers boulevard Victor Hugo|<u>boulevard Victor-Hugo</u>]]. Une fois encore, l’externat devient la règle. Nouveau changement l’année suivante, les classes sont transférées [[Nevers rue du Sort|<u>rue du Sort</u>]] dans les locaux de la crèche municipale.<br> En 1941 le gouvernement de Vichy décrète la suppression des Écoles Normales. Les Normaliennes sont admises au collège de jeunes filles afin d’y préparer le baccalauréat.<br> Cette École qui a fonctionné pendant 56 ans fermera ses portes en septembre 1939. Elle a été transformée en caserne par les occupants, quelques-unes de ses salles ont servi de prison et aussi de lieux de supplice à des Résistants et une partie de la construction s’est effondrée sous le bombardement aérien du 18 juillet 1944 qui ne l’a pas épargnée.<br> Après la Libération, l’inspecteur d’Académie en place fit des propositions pour une installation provisoire mais celles-ci furent refusées en haut lieu. Il semble que l’on pouvait se passer d’une École Normale d’institutrices dans le département de la Nièvre. Les lauréates admises au concours annuel furent dispersées dans les Écoles Normales disposant de suffisamment de place pour les accueillir. La relève fut assurée par l’École Normale mixte du Banlay.<br><br>   
 
Durant les 20 années qui suivirent, de nouveaux programmes furent appliqués. Le brevet supérieur divisé en trois séries d’épreuves distinctes est sanctionné par un examen à la fin de chacune des années d’études. L’intérêt pour les sciences physiques et naturelles est enrichi par des heures consacrées aux travaux pratiques. Il faut ainsi faire de nouvelles acquisitions et compléter les installations de gaz et d’électricité. L’éducation physique a aussi la part belle dans ces nouveaux programmes. L’étude de l’allemand est remplacée par l’étude de l’anglais. Ce changement s'est fait sans contestation.<br> À partir de 1934 les élèves-maîtresses de 3<small><sup>e</sup></small> année sont à même de compléter leur apprentissage professionnel par un début d’initiation à la pratique de l’enseignement dans les écoles à classe unique.<br> Avec la nouvelle menace de guerre le Service de Santé occupe l’École. La ville de [[Nevers|<u>Nevers</u>]] ne possède pas de locaux libres, des professeurs sont mobilisés. Face à ces difficultés, l’École est transférée à [[Varzy|<u>Varzy</u>]] ; les professeurs non mobilisés suivent les élèves. Tous les cours sont mixtes sauf les cours de chant et de langues vivantes.<br><br> À la rentrée d’octobre 1940 l’[[L'Ecole Normale d'Instituteurs de la Nièvre|<u>École Normale d'instituteurs</u>]] est occupée par les Allemands à l’exception des appartements du professeur-économe et de la directrice. Une nouvelle installation improvisée et provisoire s’impose. Les classes et les classes annexes trouvent place dans un immeuble en construction situé [[Nevers boulevard Victor Hugo|<u>boulevard Victor-Hugo</u>]]. Une fois encore, l’externat devient la règle. Nouveau changement l’année suivante, les classes sont transférées [[Nevers rue du Sort|<u>rue du Sort</u>]] dans les locaux de la crèche municipale.<br> En 1941 le gouvernement de Vichy décrète la suppression des Écoles Normales. Les Normaliennes sont admises au collège de jeunes filles afin d’y préparer le baccalauréat.<br> Cette École qui a fonctionné pendant 56 ans fermera ses portes en septembre 1939. Elle a été transformée en caserne par les occupants, quelques-unes de ses salles ont servi de prison et aussi de lieux de supplice à des Résistants et une partie de la construction s’est effondrée sous le bombardement aérien du 18 juillet 1944 qui ne l’a pas épargnée.<br> Après la Libération, l’inspecteur d’Académie en place fit des propositions pour une installation provisoire mais celles-ci furent refusées en haut lieu. Il semble que l’on pouvait se passer d’une École Normale d’institutrices dans le département de la Nièvre. Les lauréates admises au concours annuel furent dispersées dans les Écoles Normales disposant de suffisamment de place pour les accueillir. La relève fut assurée par l’École Normale mixte du Banlay.<br><br>   
  
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[[Image:Nevers iufm 1.jpg|thumb|150px|<center>Entrée principale</center>]]
 
===Fin du 20ème siècle, début du 21ème===
 
===Fin du 20ème siècle, début du 21ème===
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Par les décrets du 7 juin et du 4 septembre 1991, en application de la loi d'orientation sur l'éducation  n° 89 486  du  10  juillet 1989,  l'Institut Universitaire de Formation des Maîtres (IUFM)  de Bourgogne  se substitue aux écoles normales de la région. L'IUFM de Bourgogne est rattaché par convention à l'université de Dijon. La formation se déroule sur deux ans, le concours de titularisation dans
 
Par les décrets du 7 juin et du 4 septembre 1991, en application de la loi d'orientation sur l'éducation  n° 89 486  du  10  juillet 1989,  l'Institut Universitaire de Formation des Maîtres (IUFM)  de Bourgogne  se substitue aux écoles normales de la région. L'IUFM de Bourgogne est rattaché par convention à l'université de Dijon. La formation se déroule sur deux ans, le concours de titularisation dans
 
la fonction publique étant situé à la fin de la première année. Des antennes départementales sont créées dont celle de Nevers, dans les locaux de l'ancienne Ecole Normale Mixte.
 
la fonction publique étant situé à la fin de la première année. Des antennes départementales sont créées dont celle de Nevers, dans les locaux de l'ancienne Ecole Normale Mixte.
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La réforme de la formation des enseignants crée les Ecoles Supérieures du Professorat et de l’Éducation (ESPÉ). Le centre IUFM de Nevers s'appelle désormais «Espé Bourgogne, département MEEF, site de Nevers».
 
La réforme de la formation des enseignants crée les Ecoles Supérieures du Professorat et de l’Éducation (ESPÉ). Le centre IUFM de Nevers s'appelle désormais «Espé Bourgogne, département MEEF, site de Nevers».
 
La titularisation dans la fonction publique s'obtient après un master (bac +5) MEEF, pour Métiers de l’Enseignement, de l’Education et de la Formation et la réussite au concours.
 
La titularisation dans la fonction publique s'obtient après un master (bac +5) MEEF, pour Métiers de l’Enseignement, de l’Education et de la Formation et la réussite au concours.
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*Sources : Brochure écrite par [[Baron Romain|<u>Romain Baron</u>]] École Normale d’instituteurs de la Nièvre -1961-<br> Site inrp.fr<br>
 
*Sources : Brochure écrite par [[Baron Romain|<u>Romain Baron</u>]] École Normale d’instituteurs de la Nièvre -1961-<br> Site inrp.fr<br>

Version actuelle datée du 12 août 2017 à 06:35

Le projet de création d’une École Normale à Nevers date de 1878. Il fut présenté par le préfet à la session du Conseil général en août 1878 et ne souleva aucune objection.
L’article 51 de la loi Falloux de 1850 dit que « toute commune de 800 âmes de population et au-dessus est tenue, si ses propres ressources lui en fournissent les moyens, d’avoir au moins une école de filles. » Il convient donc de respecter cette loi.
Le manque d’institutrices est avéré et seule la moitié des maîtresses laïques sont titulaires du brevet élémentaire et rarement du brevet supérieur du « cours normal » annexé à un établissement religieux. Ce cours ne fournit annuellement au département pas plus de six élèves-maîtresses alors qu’il en faudrait une quinzaine.
La création d’une École Normale serait intéressante pour le département malgré l’investissement à réaliser car l’entretien des élèves-maîtresses est à la charge de l’État. En 1881 le département acquiert un enclos qui est la propriété des Sœurs de la Charité et situé boulevard Saint-Gildard, actuel boulevard Victor Hugo. L’école est prévue pour accueillir 48 élèves et le coût s’élève à 485.661 francs pour l’achat du terrain et la construction, et à 55.331 francs pour l’achat du mobilier. La subvention de l’État s’élève à 228.000 francs, celle de la municipalité de Nevers à 25.000 francs.

L'École Normale

L’École Normale d’institutrices ouvre ses portes le 5 novembre 1883 avec 26 élèves-maîtresses. Les locaux ne sont pas terminés, il manque beaucoup de matériel d’enseignement, la bibliothèque ne contient qu’un très petit nombre d’ouvrages et le nombre des professeurs qualifiés est insuffisant. En 1885 les choses s’améliorent ; l’effectif est au complet tant en ce qui concerne les élèves qu’en ce qui concerne les professeurs et les études sont de qualité. Les deux écoles annexes sont complètement installées, ont un effectif suffisant et l’instruction générale des élèves-maîtresses est complétée par des stages d’éducation professionnelle.
La municipalité de Nevers voit ceci d’un bon œil car cela la dispense d’ouvrir des écoles dans d’autres quartiers. Ces deux écoles assurent également la formation des futures directrices d’écoles maternelles. En 1883, le département compte seulement 7 écoles maternelles et accuse des difficultés de recrutement au niveau du personnel de ces écoles. Par contre il compte 24 écoles libres.

Non contente d’avoir voté une subvention pour la construction de l’École Normale, la municipalité de Nevers s’engage à ouvrir une rue pour faciliter l’accès aux nouveaux bâtiments scolaires. Cette rue s’appellera « rue de l’École Normale ». Elle deviendra ensuite la rue Franc-Nohain.
Tout semble aller pour le mieux dans le meilleur des mondes et, dans le quartier Victor-Hugo, l’établissement est appelé le « palais de la mosaïque ». Hélas, des réclamations se font entendre rapidement. L’alimentation en eau potable est défaillante car la pression est insuffisante et les eaux de la ville ne peuvent y être amenées. 2 citernes sont mises en place, une pour les écoles annexes, l’autre destinée à la cuisine de l’École Normale. Le problème de l’eau ne sera réglé qu’au début du 20e siècle par l’aménagement d’un nouveau réservoir dans la colline des Montapins. L’état du sol de la cour principale présente des dangers d’accident et les travaux réalisés régulièrement ne pallient pas à cet inconvénient. C’est en 1932 que le sol est enfin remis en état de manière durable et la cour transformée en terrain de jeux et d’éducation physique. Ensuite vient le problème du chauffage qui rend les hivers très difficiles à passer. Il fait froid dans ce quartier élevé de Nevers. À partir de 1925 le Conseil d’administration de l’École demandera avec insistance l’installation d’un chauffage central. L’assemblée départementale vote les crédits nécessaires et le nouveau système de chauffage fonctionne pour la rentrée d’octobre 1929. Ce ne fut pas la panacée mais les hivers furent plus supportables.

L’École évolue jusqu’en 1914 de manière très satisfaisante. Elle remplit sa mission et participe largement aux progrès des écoles laïques dans la Nièvre. Son recrutement est bien assuré grâce à l’école primaire supérieure de Clamecy et aux divers cours complémentaires du département et à certains cours supérieurs, tel celui d’Imphy. Ce dernier ne présente au concours d’admission que ses meilleures élèves. Les cours sont dispensés par des professeurs titulaires des titres requis, le niveau de l’École Normale ne cesse de s’élever et les résultats aux examens en sont la preuve. À la fin du 19e siècle toutes les élèves entrent à l’École avec le brevet élémentaire et, à peu d’exception près, en sortent avec le brevet supérieur bien que cet examen soit de difficulté croissante.
Avec la guerre de 1914-1918 des difficultés graves surgissent. D’abord réquisitionnée par le Service de Santé, l’École Normale est occupée par l’armée américaine à la fin des hostilités. Elle est transférée au 14 du boulevard Victor-Hugo dans une villa qui ne ressemble en rien à l’établissement d’avant. Faute de place, c’est l’externat qui devient la règle pour toutes les élèves. Malgré cette exiguïté les cours continuent, tout du moins les cours théoriques. Par contre, les deux écoles annexes sont fermées et ne s’entrouvriront qu’en octobre 1918 pour permettre aux élèves-maîtresses de 3e année d’y accomplir leurs stages professionnels. Il faudra attendre octobre 1919 pour que l’École Normale se réinstalle dans ses locaux et réparer les dégâts causés par la guerre.

Durant les 20 années qui suivirent, de nouveaux programmes furent appliqués. Le brevet supérieur divisé en trois séries d’épreuves distinctes est sanctionné par un examen à la fin de chacune des années d’études. L’intérêt pour les sciences physiques et naturelles est enrichi par des heures consacrées aux travaux pratiques. Il faut ainsi faire de nouvelles acquisitions et compléter les installations de gaz et d’électricité. L’éducation physique a aussi la part belle dans ces nouveaux programmes. L’étude de l’allemand est remplacée par l’étude de l’anglais. Ce changement s'est fait sans contestation.
À partir de 1934 les élèves-maîtresses de 3e année sont à même de compléter leur apprentissage professionnel par un début d’initiation à la pratique de l’enseignement dans les écoles à classe unique.
Avec la nouvelle menace de guerre le Service de Santé occupe l’École. La ville de Nevers ne possède pas de locaux libres, des professeurs sont mobilisés. Face à ces difficultés, l’École est transférée à Varzy ; les professeurs non mobilisés suivent les élèves. Tous les cours sont mixtes sauf les cours de chant et de langues vivantes.

À la rentrée d’octobre 1940 l’École Normale d'instituteurs est occupée par les Allemands à l’exception des appartements du professeur-économe et de la directrice. Une nouvelle installation improvisée et provisoire s’impose. Les classes et les classes annexes trouvent place dans un immeuble en construction situé boulevard Victor-Hugo. Une fois encore, l’externat devient la règle. Nouveau changement l’année suivante, les classes sont transférées rue du Sort dans les locaux de la crèche municipale.
En 1941 le gouvernement de Vichy décrète la suppression des Écoles Normales. Les Normaliennes sont admises au collège de jeunes filles afin d’y préparer le baccalauréat.
Cette École qui a fonctionné pendant 56 ans fermera ses portes en septembre 1939. Elle a été transformée en caserne par les occupants, quelques-unes de ses salles ont servi de prison et aussi de lieux de supplice à des Résistants et une partie de la construction s’est effondrée sous le bombardement aérien du 18 juillet 1944 qui ne l’a pas épargnée.
Après la Libération, l’inspecteur d’Académie en place fit des propositions pour une installation provisoire mais celles-ci furent refusées en haut lieu. Il semble que l’on pouvait se passer d’une École Normale d’institutrices dans le département de la Nièvre. Les lauréates admises au concours annuel furent dispersées dans les Écoles Normales disposant de suffisamment de place pour les accueillir. La relève fut assurée par l’École Normale mixte du Banlay.

Entrée principale

Fin du 20ème siècle, début du 21ème

Par les décrets du 7 juin et du 4 septembre 1991, en application de la loi d'orientation sur l'éducation n° 89 486 du 10 juillet 1989, l'Institut Universitaire de Formation des Maîtres (IUFM) de Bourgogne se substitue aux écoles normales de la région. L'IUFM de Bourgogne est rattaché par convention à l'université de Dijon. La formation se déroule sur deux ans, le concours de titularisation dans la fonction publique étant situé à la fin de la première année. Des antennes départementales sont créées dont celle de Nevers, dans les locaux de l'ancienne Ecole Normale Mixte.

Vue des bâtiments

En septembre 2013, l'IUFM change de nom et le cursus évolue. La réforme de la formation des enseignants crée les Ecoles Supérieures du Professorat et de l’Éducation (ESPÉ). Le centre IUFM de Nevers s'appelle désormais «Espé Bourgogne, département MEEF, site de Nevers». La titularisation dans la fonction publique s'obtient après un master (bac +5) MEEF, pour Métiers de l’Enseignement, de l’Education et de la Formation et la réussite au concours.


  • Sources : Brochure écrite par Romain Baron École Normale d’instituteurs de la Nièvre -1961-
    Site inrp.fr
  • Images : Delcampe

Martine NOËL août 2017