Dun les Places église

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Consécration de l'église de D'Hun-les-Places


  • Entre deux montagnes granitiques, dont le pied est baigné par la rivière de la Cure, s'élèvent sur une étendue de 3 lieues, quelques hameaux dont l'agglomération forme une commune appelée D'Hun-les-Places. Depuis plus de trente années, ses habitants ont pour maire M. le chevalier Feuillet, vieillard presque octogénaire et l'un des nobles débris de cette marine formidable qui, léguée à la France par Louis XVI, a, dans ses désastres même, jeté tant d'éclat sur notre gloire maritime. Or, depuis longtemps, M. Feuillet, veuf et sans enfants, avait fait le vœu de consacrer une partie de sa fortune à la construction d'une église. Il avait voulu que son importance et sa solidité, elle fût comme un monument impérissable de sa reconnaissance envers Dieu, dont la protection l'avait préservé de tant de dangers, et de son affection pour ses concitoyens, dont il est considéré comme un père.
  • Ce vœu était accompli, et l'église allait être consacrée.
    Consécration de l'église
  • Dès la veille, monseigneur Dufêtre, évêque de Nevers, assisté de son vicaire général, M. l'abbé Crosnier, s'était rendu à D'Hun pour procéder aux préparatifs religieux de la cérémonie. Il avait été bientôt suivi par le clergé de 85 paroisses, venu de plus de 20 lieues à la ronde. M. le président de l'Assemblée nationale, arrivé la veille du comice agricole de Tannay, qu'il avait présidé, et où il avait prononcé un de ces discours que la polémique quotidienne ne manque jamais de recueillir, M. Dupin avait accepté avec empressement l'invitation de M. Feuillet. On y remarquait aussi M. Petit de la Fosse, préfet du département; M. Ponsart, secrétaire général de la préfecture; les sous-préfets de Clamecy et de Château-Chinon, les chefs de la magistrature et de l'administration du département, ainsi que les notabilités des environs.
  • Après les prières d'usage, monseigneur l'évêque monta en chaire, et dans le cours d'une allocution appropriée à la circonstance, il annonça aux habitants que le Saint-Père, pour reconnaître la pieuse fondation de M. Feuillet, l'avait décoré de l'ordre de Pie IX. L'émotion fut grande quand, au pied du maître-autel, le prélat donna l'accolade à ce vénérable vieillard, dont la figure rayonnait de bonheur.
  • Lorsqu'au commencement de 1844, le curé annonça du haut de la chaire, la résolution qu'avait prise M. Feuillet, de doter la commune d'une église paroissiale, on vit le lendemain, avant le jour, arriver à la porte de la mairie plus de 150 voitures attelées de deux ou quatre bœufs. C'était à qui transporterait les premiers blocs de granit destinés à la construction de la nouvelle église. Pendant 6 ans, ce zèle ne s'est point ralenti; il résulte d'un relevé exact, qu'il n'a pas fallu moins de 12 000 charrois pour cette construction. Quant on eut besoin de câbles et autres cordages pour monter les matériaux, la mairie fut tellement encombrée de chanvre, qu'elle fut obligé d'en rendre une partie aux donateurs.
  • Chaque phase de la construction était l'objet d'une fête publique et religieuse. Lors de la pose de la première pierre, faite par M. Dupin, les salves d'artillerie de la garde nationale de Lormes, répétées dans les gorges des montagnes, produisaient un effet prodigieux; mais le spectacle le plus pittoresque fut par être celui que présenta le transport du premier bloc de granit destiné à l'une des six colonnes de l'abside. Elles n'ont pas moins de 8 mètres de longueur. C'était chose merveilleuse à voir que ce monolithe énorme, traîné par 26 bœufs couronnés de fleurs et de branches d'arbrets précédé par le clergé des paroisses environnantes, venu avec croix et bannières, et suivi par des flots d'habitants, qui mêlaient leurs acclamations aux chants de l'église.
  • Ce monument dont les plans ont été confiés à M. Lenormand, architecte de Paris, contient 55 mètres en longueur et 28 mètres dans sa plus grande largeur. Il se compose des trois nefs et de deux transepts. Les nefs latérales se prolongent en déambulatoire autour du chœur, et communiquent à trois chapelles absidales, dont celle du centre, plus considérable, est consacrée à la sainte Vierge. Le clocher qui précède l'église est couronné d'une flèche surmontée d'une croix. Toute la construction, y compris la flèche, se compose de granit taillé avec le plus grand soin (et le granit du Morvan jouit d'une telle réputation de dureté, que l'industrie recule devant son emploi); le but de M. Feuillet sera donc atteint, car ce monument renferme des conditions de durée aussi impérissables qu'il est permis de l'être à toute œuvre sortie de la main des hommes.


Article paru dans L'Illustration, journal universel, signé par LENORMAND, conservé et offert par Mme Le Maire, Lucienne BIARDOUX



En complément, voici une autre approche, peut-être plus anecdotique, que nous devons à Armand Billaud

L'église actuelle
  • Quand l'église actuelle fut construite au hameau des Places, de nombreuses maisons ne tardèrent pas à s'élever autour de l'édifice, et le siège de la commune fut enlevé au Vieux Dun. Cette église fut construite de 1844 à 1850 par l'architecte Lenormand, et payée entièrement des deniers de M Marie-Augustin-Xavier Feuillet, ancien officier de marine, alors maire de la commune. L'abbé Baudiau qui était alors curé de Dun-les-Places, loue naturellement, comme il convient, dans son ouvrage sur le Morvand, la générosité et la piété du fondateur.
"La piété, on doit le croire, a eu part à cette fondation ...",
mais rapporte M. Charles Flandin, dans son intéressante étude sur la Cure et ses bords, à Dun-les-Places, on raconte une histoire qui a bien son cachet de vérité.
"L'officier de marine, fort riche, mais déjà d'un certain âge, s'était marié à une très jeune fille pauvre et belle. Les deux époux, par contrat, s'étaient assuré réciproquement leur fortune pour le cas de survie. Quel fut le bonheur de cette union ? Il fut, au moins, de courte durée. La jeune femme se laissa enlever par un étranger. Où alla-t-elle? Elle se fit oublier. M. Feuillet resta à Dun-les-Places, où il devint maire de la commune. C'est dans l'exercice de cette fonction, en l'année 1844, à l'âge de 70 ans, qu'il se souvint de son contrat de mariage, et résolut de consacrer sa fortune à une oeuvre pie, pour qu'elle ne tombât pas aux mains de celle qui avait déserté sa maison."
  • Le style adopté pour cette église fut le roman du XIe siècle, comme le comprenait l'école de Citeaux. Elle présente la forme d'une croix latine. Dans une des chapelles se trouve le tombeau du fondateur. Aux angles de la place qui entoure la basilique, quatre obélisques portent, chacun sur une de leurs faces, un de ses prénoms.
  • Tout en granit, de la base au sommet de la flèche, cette église est réellement belle, et les six colonnes monolythes du choeur méritent d'être remarquées. La longueur de l'édifice, compris le narthex et l'abside centrale, est de 53,55 m, sa largeur au transept est de 26,6 m, et dans la nef de 18,3 m, la hauteur de la voûte sous-clef est de 12,5 m.
  • Le seul reproche qu'on puisse lui faire, c'est que le clocher, manque d'élévation. A le voir ainsi écourté on ne peut s'empêcher de penser que peut-être le donateur avait fini par trouver que les fonds baissaient trop vite au fur et à mesure que l'édifice s'élevait,et qu'il avait eu hâte de le faire achever.
  • La première pierre fut posée le 1er septembre 1844 et neuf médailles furent scellées par M. Dupin aîné, député de l'arrondissement de Clamecy, dans les deux principaux blocs de granit des angles du pignon de l'ouest. Ces médailles représentaient la famille royale, le serment du 9 août 1830, le mariage du duc d'Orléans, le baptême du comte de Paris, la princesse Marie, le duc d'Orléans, l'arc de triomphe de l'Etoile, l'obélisque de Louxor et une médaille de M. Dupin aîné (cette dernière ajoutée sur la demande de M. Feuillet).

Source : Un coin du Morvand d'Armand Billaud édité chez Desvignes à Clamecy en 1900.
Photo : Éric Monnier (GenNièvre)

La chapelle Saint Marc

 
La chapelle Saint Marc de Dun
  • Il y a en fait deux chapelles placées sous le vocable de saint Marc au Vieux Dun.
  • La construction de celle-ci est décidée par Mgr de Chastellux.
  • Une souscription ouverte dans la commune permet de l'édifier en 1913 sur un terrain cédé par les héritiers du vicomte Bouchet de la Rupelle.
  • A l'origine, la chapelle était entourée d'un muret fermé par une grille en fer forgé.
  • On peut voir l'ancienne chapelle Saint Marc dans les bois, non loin de la fontaine du même nom.


Source : Le patrimoine des communes de la Nièvre (Éditions Flohic)
Photo : Éric Monnier (GenNièvre).