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Lettre de Philippe le Bon aux habitants de la ville de Saint Quentin - 1430

Le 23 mai 1430, la Pucelle d'Orléans et quelques uns de ses défenseurs tombaient sous les murs de Compiègne, au pouvoir des ennemis qui allaient devenir ses bourreaux. Philippe le Bon écrit aux habitants de Saint Quentin pour leur apprendre cette mauvaise nouvelle.

De part le Duc de Bourgogne, Comte de Flandres, d'Artois, de Bourgogne et de Nemur

" Très chiers et bien amez, sachant que vous désirez savoir de noz nouvelles, vous signifions que ce jourd'huy XXème de may, environ six heures après midy, les adversaires de mons. le Roy et les nostres qui estoient mis ensemble en très grande puissance et boutez en la ville de Compiengne devant laquelle nous et les gens de nos armes sont iogies sont saillis de ladite ville à puissance sur le iogie de mes avant-garde le plus prouchain d'eulx, à laquelle saillie estoit celle qu'ilz appellent la Pucelle avecqs plusieurs de leurs principaux capitaines, à rencontre desquels, beau cousin Jehan de Luxembourg qui y étoit présent et autres noz gens et aucuns des gens de mons. le Roy qui avoit envoie pardevers nous pour passer oultre et aler à Paris, ont fait très grand etaspre résistence et prestement en ma personne y arrasmes et trouvasmes que lesdiz adversaires estoient, ja reboutez et par le plaisir de mon benoist Créateur, la chose est ainsi avenue et nouz a fait tele grâce que icelle, appelée la Pucelle, a esté prise et avecques elle plusieurs capitaines célèbres, chevaliers, escuyers et autres prins, noiez et mors dont à ceste heur, nous ne savons pas encore les noms, sans ce que aurons de noz gens bleciez vint personnes, la grâce de Dieu.
De laquelle prise ainsi, que nous tenons certainement seront granz nouvelles partout et sera congneuc l'erreur et folle créance de tous ceulx qui es faiz d'icelle femme se sont rendus enclins et favorables, et ceste chose vous vous escrivons pour noz nouvelles, espérans que en aurez joye, confort en consolation et en rendrez grâces et louenges à nostre dit Créateur qui tout voit et cognoiste, et qui, par son benoist plaisir, vueil le conduire le surplus de noz emprises au bien de nostre dit seigneur le Roy et de sa seigneurie et au relèvement et réconfort de ses bons et loyaulx subgets.
Très chiers et bien amez, le saint Esprit vous ait en sa sainte garde.
Escript à Côdun, emprès Compiengne, le XXème jour de may. "

Signé : Milet