Decize église Saint Aré : Différence entre versions

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(Le Chemin de Croix.)
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*L'actuel Chemin de Croix a été inauguré le 16 août 1897, jour de la fête de [[Saint Aré]], par M<small><sup>gr</sup></small> Lelong, [[Les Evêques de Nevers|<u>évêque de Nevers</u>]].<br>
 
*L'actuel Chemin de Croix a été inauguré le 16 août 1897, jour de la fête de [[Saint Aré]], par M<small><sup>gr</sup></small> Lelong, [[Les Evêques de Nevers|<u>évêque de Nevers</u>]].<br>
 
*L'artiste choisi pour réaliser ce Chemin de Croix se nomme Raphaël Bodin, « ''le sympathique artiste à qui le Berry doit déjà tant de choses [...] un artiste dont les travaux sont de plus en plus appréciés''. »<br>  
 
*L'artiste choisi pour réaliser ce Chemin de Croix se nomme Raphaël Bodin, « ''le sympathique artiste à qui le Berry doit déjà tant de choses [...] un artiste dont les travaux sont de plus en plus appréciés''. »<br>  
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[[Image:Decize église Saint Aré vitrail.jpg|thumb|<center>Un des vitraux</center>]]
 
*On lui confie par la même occasion la décoration du portail Nord : il y peint [[Saint Aré|<u>Saint Aré</u>]] debout, bénissant la ville. Raphaël Bodin fragmente son dessin qui donne l'illusion de la mosaïque. La même année, il utilise ce procédé dans une église du département du Cher, à Verneuil, près de Dun-sur-Auron.<br>  
 
*On lui confie par la même occasion la décoration du portail Nord : il y peint [[Saint Aré|<u>Saint Aré</u>]] debout, bénissant la ville. Raphaël Bodin fragmente son dessin qui donne l'illusion de la mosaïque. La même année, il utilise ce procédé dans une église du département du Cher, à Verneuil, près de Dun-sur-Auron.<br>  
 
*Pour le Chemin de Croix, la technique employée par Bodin est celle du marouflage. Des toiles de 2,50 m par 1,70 m sont collées sur les murs. Elles ont été copiées sur  l'œuvre d'un peintre allemand, Jean-Evangéliste Klein. L'original se trouve en Allemagne, à Ratisbonne (maison Pustet)<small><sup>(14)</sup></small>.<br>
 
*Pour le Chemin de Croix, la technique employée par Bodin est celle du marouflage. Des toiles de 2,50 m par 1,70 m sont collées sur les murs. Elles ont été copiées sur  l'œuvre d'un peintre allemand, Jean-Evangéliste Klein. L'original se trouve en Allemagne, à Ratisbonne (maison Pustet)<small><sup>(14)</sup></small>.<br>
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*La nef est éclairée par dix vitraux. Ils sont tous postérieurs à la Seconde Guerre mondiale. Les explosions des ponts du 18 juin 1940 et de la nuit du 9 au 10 septembre 1944 ont détruit les vitraux.<br>
 
*La nef est éclairée par dix vitraux. Ils sont tous postérieurs à la Seconde Guerre mondiale. Les explosions des ponts du 18 juin 1940 et de la nuit du 9 au 10 septembre 1944 ont détruit les vitraux.<br>
  
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===L’orgue Cavaillé-Coll.===
 
===L’orgue Cavaillé-Coll.===
 
*C’est un orgue de salon construit en 1874 par le célèbre facteur Aristide Cavaillé-Coll pour M. Edouard André, riche collectionneur parisien qui l’a fait installer dans son hôtel particulier du 158 boulevard Haussmann (actuel Musée Jacquemart-André). Il a été payé 25228 francs. Un relevage effectué par la société Cavaillé-Coll en 1898 a coûté 1200 francs. L’orgue possède 784 tuyaux ; un appareil électrique permet d’animer la soufflerie.<br>
 
*C’est un orgue de salon construit en 1874 par le célèbre facteur Aristide Cavaillé-Coll pour M. Edouard André, riche collectionneur parisien qui l’a fait installer dans son hôtel particulier du 158 boulevard Haussmann (actuel Musée Jacquemart-André). Il a été payé 25228 francs. Un relevage effectué par la société Cavaillé-Coll en 1898 a coûté 1200 francs. L’orgue possède 784 tuyaux ; un appareil électrique permet d’animer la soufflerie.<br>

Version du 3 septembre 2019 à 13:41

Saint Aré

Qui était Saint Aré?

  • Le saint patron de Decize, qui a donné son nom à la principale paroisse de la ville, est-il un personnage historique ou un héros de légende ? Tous les historiens du Nivernais ont répété les quelques épisodes connus de sa vie, des miracles. Le récit le plus complet a été rédigé en 1771 par Antoine-Charles Parmentier(1).
  • Aregius (ou Aridius) a vécu au VIe siècle, période troublée où la Gaule a été plusieurs fois réorganisée, où le christianisme s'est répandu lentement, entre deux schismes, entre la démission forcée d'un pape, l'excommunication de ses rivaux et les pressions des chefs militaires (Bélisaire, Clovis...)
  • « Saint Aré, si l'on en croit la tradition, était un étranger que la Providence avait attiré à Nevers, pour l'édification du diocèse ; on prétend qu'il était lié d'amitié particulière avec les papes Vigile et Pélage Ier : qu'il alla plusieurs fois les visiter à Rome(2) ; et ce fut au retour d'un de ses voyages, qu'il ressuscita un de ses gens nommé Ours, qui s'était noyé en traversant la Nièvre débordée à l'endroit qu'on appelle aujourd'hui le Pont Saint-Ours, où existe encore une petite chapelle ruinée. »
  • À Decize, le culte de Saint Aré s'est approprié une source d'eau médicinale qui était déjà utilisée à l'époque gallo-romaine, au lieu-dit l'Eau Salée. Selon la tradition, cette eau guérissait des fièvres ; on y venait en pèlerinage. La source a été exploitée pendant une partie du XXe siècle.
Saint Aré, représentation murale
  • « Saint Aré a assisté au cinquième Concile d'Orléans en 549, où sa signature se trouve ainsi : « Aregius in Christi nomine episcopus ecclesiae nivernensis subscripsi » : et au second Concile de Paris en 551, où elle est en ces mots « Aridius episcopus ecclesiae nivernensis subscripsi ».
  • L'époque de sa mort n'est pas certaine.[...] Il est enterré dans la chapelle, ou oratoire que les SS Eufraise et Auxile avaient bâti dessous terre en l'honneur de la Sainte Vierge(3) ; et qui est présentement l'église paroissiale de Saint-Aré de Decize. Sa fête se célèbre le 16 août.
  • Mr Cotignon(4) a écrit que pour transporter son corps de Nevers à Decize on le mit dans une nacelle sur la Loire avec une croix et des cierges allumés, et que sans aucun secours humain, la nacelle remonta d'elle-même au lieu de sa destination. »
  • Un texte rédigé par Philippe Horguelin, l'un des curés de la paroisse Saint-Aré, le 30 août 1694, nous informe sur la châsse de pierre où reposait le saint. Elle avait été ouverte une première fois vers 1078, en présence de deux évêques, puis les dimanche et lundi 5 et 6 juin 1583. Les parchemins qui avaient été déposés dans la châsse affirmaient que « les ossemens [étaient] aussi frais et beaux comme s'ils eussent été mis lesdits jours cy dessus. » Philippe Horguelin a collationné et recopié des documents que conservait un notaire(5). Cette même châsse a été ouverte une troisième fois, en novembre 1793. Des révolutionnaires ont alors pillé l'église, brisé la sépulture de Saint Aré, brûlé et dispersé les ossements. Un fragment de tibia et un morceau de calotte crânienne ont été remis au curé Deplaye par une paroissienne le 27 mai 1854. Un nouveau reliquaire a été confectionné et placé sous l'autel d'une chapelle latérale ; il est revenu dans la crypte ; plus récemment les ossements ont été placés dans un nouvel autel.

Une crypte mérovingienne.

La crypte
  • Existait-il un sanctuaire pré-chrétien au sommet du rocher de Decize ou dans une grotte ? Frédéric Girerd l'affirme, sans toutefois avancer de preuves irréfutables(6).
  • Selon les mêmes sources, reprises par Jean Hanoteau, puis par Marcel Merle, les ermites Euphrasius et Auxilius auraient bâti un oratoire, une ecclesiola, en contrebas de ce temple. Ce serait l'origine de la crypte actuelle.
  • La crypte est composée de deux nefs, reliées entre elles par deux passages. La nef principale est accessible depuis l'église par un escalier ; la petite nef est éclairée par deux petites fenêtres.

La tragédie des 12 et 13 mai 1525.

  • Au printemps de l'année 1525, la ville de Decize a connu deux journées de massacres et de pillage, suivies d'une longue période d'affliction. Assiégée par la bande de mercenaires italiens du condottiere de Bellejoyeuse, la petite cité a essayé de résister, mais ses défenses étaient insuffisantes. Les soudards ont franchi les remparts et « tué et occis de 200 à 300 personnes et causé de grandes ruines, pertes et désolations...(7) »
  • Plusieurs habitants ont cru obtenir la vie sauve en se réfugiant à l'église et dans la crypte. Ils furent tués, ainsi que l'archiprêtre Hélion Sellier.
  • Quelques jours après ce massacre, les enquêteurs venus de Nevers, et plusieurs prêtres parmi eux, furent témoins d'un étrange miracle : la statue de Notre-Dame-de-Soubs-Terre remua les yeux et une larme de sang coula de son œil gauche(8).
  • Cette statue miraculeuse de la Vierge était nommée Notre-Dame-de-Sous-Terre.
  • Les intercessions miraculeuses de la Vierge ont été notées à plusieurs reprises dans les registres paroissiaux du XVIIe siècle. Des enfants, amenés morts, ont été brièvement ressuscités dans la chapelle de la Vierge, le temps de les baptiser (7 juin 1635 Jean Joliveau ; 23 février 1636 un enfant de Jean-Baptiste Rousset ; 27 avril 1655, une fille de Barthélemy Maulais). Des pèlerinages réguliers à la « chapelle de Notre-Dame-de-Sous-Terre » ont eu lieu jusqu'à la Révolution et les murs sont recouverts de nombreux ex-votos plus modernes.
  • L’une des trois statues de la Vierge qui figurent dans la crypte est-elle cette Notre-Dame-de-Sous-Terre révérée autrefois ?

Le retable de la Vie de la Vierge.

Le retable la vie de la Vierge
  • L'élément le plus intéressant de la crypte est sans conteste le retable sculpté sur une pierre d'Apremont. Il a été découvert dans le dallage de la nef en 1841. Il avait été placé à l'envers, sans doute pendant la Révolution (afin de le préserver du vandalisme). Il avait été brisé en deux morceaux.
  • À chaque extrémité du retable, les donateurs sont agenouillés. On remarque un blason, répété plusieurs fois : il est mi-parti de trois étoiles et de deux cœurs couronnés. Ce sont les armes de Jean de Vaux, seigneur de Germancy, châtelain de Decize au milieu du XVIe siècle, et de Marie Baudreuil, son épouse. Ils se sont mariés en 1485.
  • Un autre écusson, en losange, est placé dans l'une des coquilles supérieures. C'est celui d'Henriette de Clèves, duchesse de Nevers, du 6 septembre 1564, date de la mort de son frère Jacques, dont elle hérita, jusqu'au 4 mars 1565, jour de son mariage avec Louis (Ludovico) de Gonzague. Il est donc possible de dater ce retable quelques mois ou quelques années avant 1565. Mais l'historien decizois Jean Hanoteau est moins sûr de cette date : l'écusson des Clèves aurait pu être ajouté.
  • Ce retable est constitué de cinq tableaux séparés par des pilastres ; chaque tableau est couronné par un amortissement en coquille.
  • Le premier tableau montre les attributs de Marie, repris dans les Litanies de la Vierge, dont les premières versions sont répandues après 1576. Chaque attribut acquiert une signification symbolique, mystique : le miroir de la justice, la porte du ciel, la tour de David, l'étoile du matin, le tabernacle, la rose mystique, l'arche de l'alliance nouvelle, le jardin, la couronne de pierres précieuses....
  • Au-dessus de la Vierge, le Père Éternel, coiffé d'une tiare, entouré par le soleil et la lune ; deux anges soutiennent une sorte de voûte céleste ou de draperie.
  • Le deuxième tableau retrace la Purification, cérémonie obligatoire dans la loi juive, pour toute femme qui vient d'accoucher (fêtée le 2 février dans le calendrier liturgique chrétien, avec la Présentation de Jésus au Temple).
  • Le grand-prêtre est assis devant l'autel, accompagné de plusieurs dignitaires religieux. L'un d'entre eux porte des lunettes. Les costumes sont ceux du XVIe siècle.
  • Saint Joseph apporte un agneau, destiné au sacrifice (autre interprétation : il présente l'enfant Jésus) ; après lui vient Marie, suivie d'une femme présentant une colombe (on remarque la présence simultanée du père nourricier et du Saint Esprit). A leurs pieds, un petit chien, un enfant, une femme qui allaite un bébé.
  • Le troisième tableau est l'annonce aux bergers de la naissance du Sauveur. Derrière l'ange se découpe une ville médiévale : une porte, des remparts, des toits enchevêtrés. On peut imaginer Decize à cette époque.
  • Les bergers sont à genoux. Deux d'entre eux semblent être des enfants. De l'autre côté, deux hommes plus âgés se concertent. Dans le décor, des ondulations figurent les champs et la laine des moutons. Deux chèvres - ou deux béliers - s'affrontent, un loup emporte un mouton.
  • Le quatrième tableau est très dégradé. Les seuls détails épargnés sont les tours, les remparts. La partie inférieure du corps de trois personnages se distingue. Selon Georges de Soultrait, c'est la Visitation. Depuis l'Annonciation, Marie sait qu'elle sera mère ; elle rend visite à Zacharie et Élisabeth. Cette dernière, qui ne pensait jamais avoir d'enfant, sent tressaillir en elle le futur Jean Baptiste (Evangile selon Saint Luc, I, 39-47).
  • Enfin, le dernier tableau est consacré à l'Assomption de Marie. Elle est enlevée par les anges dans une gloire elliptique, vers Dieu le Père, représenté à nouveau avec la tiare. Dieu est entouré de deux anges musiciens.

Autres statues conservées dans la crypte

  • Dans la crypte de l'église ont été placées divers objets sculptés :
  • Un bas-relief du XVIe siècle – très endommagé – montre Jésus au Jardin des Oliviers. Derrière le Christ, un chanoine est également à genoux sur un prie-Dieu. En 1852, lorsqu'il a établi l'inventaire de ces sculptures, Georges de Soultrait aurait distingué un écu gravé sur ce prie-Dieu et correspondant aux armes de la famille de Bourgoing (famille apparentée aux Coquille).
  • Plusieurs statues restaurées récemment :
Sainte Anne apprenant à lire à Marie (statue en bois),
Saint Vincent,
des éléments disparates, des plaques de fondations de messes...
Vue extérieure de l'architecture romane

Un choeur roman, une église de style composite.

  • Le chœur de l'église Saint-Aré a été bâti au XIe siècle (à la même période que celui de l'église du prieuré bénédictin Saint-Pïerre).
  • On accède au chœur par le double escalier qui entoure la porte de la crypte.
  • L’abside, qui a été revêtue récemment d’une peinture claire, est éclairée par trois vitraux modernes (les vitraux précédents ont été brisés par l’explosion du pont de Loire pendant la Deuxième Guerre mondiale) :
  • Dans la partie quadrangulaire du chœur, quatre colonnes sont surmontées de chapiteaux : les quatre chapiteaux ont été peints : fond rouge, décoration or et gris :
deux têtes, l’une surmontant un buste très stylisé et deux bras levés, l’autre surmontant un sorte de soleil ; les têtes sont très rudimentaires ;
deux animaux à têtes de singes, ayant chacun un corps double ;
une décoration de feuillage.
Un chapiteau
  • Aux forts piliers quadrangulaires qui supportent la croisée du transept des demi-colonnes ont été accolées ; elles sont surmontées par six chapiteaux à motifs de feuilles d'acanthes.
  • Le transept a été modifié à plusieurs reprises ; le clocher actuel a été construit au XVe siècle ; il s'appuie sur le bras gauche du transept.
  • Il ne reste que quatre des chapelles initiales.
deux qui constituent le transept de l’église romane, la chapelle de saint Joseph à gauche (Nord) et la chapelle de la Vierge à droite (Sud) ;
deux qui ont été bâties en débordement extérieur, de part et d’autre des bas-côtés de la nef : la chapelle de Saint Aré à gauche (Nord) et la chapelle du Sacré-Cœur à droite (Sud).

Les curés portionnaires de Saint-Aré.

  • Pendant près de trois siècles, l'église Saint-Aré a possédé une particularité rarissime en France. Elle était desservie par quatre prêtres, dits curés portionnaires. Attestée en 1444, cette organisation a été confirmée par une bulle papale de 1488. Elle a duré tout au long des XVIe et XVIIe siècles ; elle s'est éteinte progressivement à la fin du siècle suivant . De 1744 à 1750, les quatre curés portionnaires étaient les abbés Sursin, Edmond Robinot, Cabaille et Bonnet.
  • Sur une contre-marche de l'escalier descendant à la crypte, on peut lire le texte suivant : *« Ce...re... Edmond ...ille et Pierre Bona... fabrisien tous trois curé de cette paroisce aveque mes ip Lavigne G. Rogue maisre et echevain de cette ville ce 13 jeanvier 1752. »
    Cette pierre est certainement une pierre de remploi d'une dalle de dédicace. Les personnages cités sont les curés Cabaille et Bonnet, J. Lavigne et Gabriel Rogue(9). En 1789, Guillaume-Adrien Decray était l'unique curé alors que, dix ans plus tôt, il partageait les tâches et bénéfices de la paroisse avec Léonard Rogue et Bontemps.
  • Les quatre curés se répartissaient de façon très équitable les responsabilités. Les registres de Saint-Aré montrent deux sortes d'alternance entre les signatures des portionnaires : tantôt, ils se partageaient l'année par un roulement en semaines (ils ajoutaient à leurs signatures la mention curé de semaine ou semainier) ; tantôt ils se partageaient les actes selon l'importance des familles, l'archiprêtre se réservant les baptêmes, mariages et inhumations des notables et laissant à ses subalternes les cérémonies concernant des habitants plus modestes.
  • Une liste recense les curés de la paroisse Saint-Aré entre 1525 et 1789 ; leurs noms nous sont connus par l’intermédiaire des actes qu’ils ont signés sur les registres paroissiaux, par les Annales de Decize, où François Tresvaux de Berteux cite, de façon assez irrégulière, certains prêtres, par d’autres documents (actes notariés, terriers…) Parmi les quatre curés portionnaires, le plus ancien exerce les fonctions d’archiprêtre et dirige le clergé séculier de la ville et des villages voisins.

Pour consulter le nom des curés, cliquer ici

L'accident du 27 février 1842.

  • Une réunion exceptionnelle du conseil municipal de Decize se tient le lundi 28 février 1842. La veille, entre huit et neuf heures du soir, « les murs du vieux château de Decize, minés par le temps, se sont écroulés avec un horrible fracas et, dans leur chute, ont entraîné une partie de l'un des bas-côtés de l'église; ils ont également enfoncé la voûte et renversé la grande fenêtre d'une jolie chapelle de style gothique placée près du chœur. On espère que personne n'a péri. Quelques heures plus tôt, on aurait pu avoir à déplorer la mort de plus de deux cents personnes réunies dans l'église, et notamment de tous les enfants attachés aux écoles de garçons, la place qui leur est indiquée se trouvant précisément dans la partie du bas-côté dont les murs ont été renversés(10). »
  • La nef a subi d'importants dégâts ; la chaire et une partie du mobilier ont été renversés ; le toit et la charpente ont été ébranlés, et des chutes de gravats sont à craindre. L'église Saint-Aré est momentanément fermée au culte.
  • C'est le propriétaire du château, le marquis de Raigecourt, qui porte la plus grande responsabilité. La municipalité envisage d'intenter une action en justice contre lui. Mais la municipalité de Decize n'a pas toujours pris les décisions qu'il fallait prendre.
  • Des travaux de nivellement et d'aménagement des abords de l'église ont été entrepris entre 1835 et 1837 : un jardin situé entre l'église et les murailles du château a été exproprié, pour être remplacé par une rampe d'accès à l'hôpital.
  • Les responsables de la fabrique ont alors alerté le maire (16 mai 1838) : « La nef menace ruine ; les fondations de ce temple sont salpêtrées et lézardées ; il est de toute nécessité de démolir cette portion principale de l'édifice, pour la reconstruire à neuf le plus tôt possible. » Le conseil municipal, qui avait déjà consacré 1200 francs en 1834, 1400 francs en 1835 et 303,69 francs en 1837 aux travaux de l'église, et qui avait dû recourir à un impôt extraordinaire, a refusé de voter toute autre dépense ; la commune de Saint-Léger, qui aurait dû participer à cet effort, puisqu'elle était rattachée à la paroisse de Decize, n'avait pas versé le moindre centime.
  • Provisoirement, l'ancienne chapelle des Clarisses sert d'église paroissiale ; elle est prêtée par M. Charpin, récent acquéreur d'une partie de l'ancien couvent Sainte-Claire.
Vue générale

La restauration de l'église et de son quartier.

  • Avant d'entreprendre les travaux, il faut assurer leur financement. Une imposition exceptionnelle - une de plus - est organisée : à raison de deux centimes par franc sur les contributions déjà prévues. Le gouvernement promet 5700 francs. Le devis a été établi à 9400 francs.
  • À ces dépenses s'ajoute une exigence du marquis de Raigecourt : il déclare qu'il cède définitivement tous les terrains qu'il possède contre 7000 francs. La municipalité refuse. Une entente est enfin trouvée le 4 novembre 1845 : le marquis ne demande plus rien pour lui, mais il exige que la ville fasse construire un hospice (devis établi à 15000 francs). Cette clause ne sera pas respectée, car la ville doit faire face à d'autres dépenses simultanées : destruction et reconstruction de la tour de l'horloge, entretien des chemins, aménagement de quais et... reconstruction de la nef de l'église.
  • La réparation de l'église dure cinq ans. Les décombres des murs effondrés sont enlevés par l'entrepreneur Sauret ; l'ancien cimetière est définitivement désaffecté(11), ce sera désormais le jardin du curé ; la municipalité désire abattre un mur hideux entre l'église et le château et aménager une promenade plantée de tilleuls entre les deux portails, mais le préfet refuse(12). Le bas-côté droit et la chapelle sont reconstruits. Plusieurs chapelles sont supprimées pour élargir la nef. Le 24 mai 1852, la châsse qui contenait les restes de Saint Aré est transférée d'une niche percée dans le chœur à la crypte ; des ossements sont ajoutés en 1854(13).

Le Chemin de Croix.

  • L'actuel Chemin de Croix a été inauguré le 16 août 1897, jour de la fête de Saint Aré, par Mgr Lelong, évêque de Nevers.
  • L'artiste choisi pour réaliser ce Chemin de Croix se nomme Raphaël Bodin, « le sympathique artiste à qui le Berry doit déjà tant de choses [...] un artiste dont les travaux sont de plus en plus appréciés. »
Un des vitraux
  • On lui confie par la même occasion la décoration du portail Nord : il y peint Saint Aré debout, bénissant la ville. Raphaël Bodin fragmente son dessin qui donne l'illusion de la mosaïque. La même année, il utilise ce procédé dans une église du département du Cher, à Verneuil, près de Dun-sur-Auron.
  • Pour le Chemin de Croix, la technique employée par Bodin est celle du marouflage. Des toiles de 2,50 m par 1,70 m sont collées sur les murs. Elles ont été copiées sur l'œuvre d'un peintre allemand, Jean-Evangéliste Klein. L'original se trouve en Allemagne, à Ratisbonne (maison Pustet)(14).
  • Les quatorze stations sont inscrites dans un décor standard : deux colonnes rouges soutiennent un pinacle strié de lignes verticales ; la partie supérieure de la scène se voit à travers un trilobe ; le fond est un décor doré alternant des croix et des rosaces.
  • Les personnages sont vêtus de tuniques ou de voiles à l'antique ; le Christ porte une longue robe rose et une sorte de toge bleue. On remarque cependant deux personnages vêtus différemment et appartenant plutôt à la fin du Moyen-Age : un soldat portant l'armure (Première station : Ponce-Pilate se lave les mains) et un homme revêtu d'une longue houppelande et d'un chapeau (station X, Jésus est déshabillé).
  • Les détails des visages et les objets représentés sur chaque toile sont très réalistes. On note ici l'influence incontestable de la peinture allemande de la Renaissance.
  • 320 souscripteurs ont versé leur obole pour payer cette réalisation. Les 14 stations ont été dédiées aux plus généreux donateurs et aux défunts de leurs familles.
  • La nef est éclairée par dix vitraux. Ils sont tous postérieurs à la Seconde Guerre mondiale. Les explosions des ponts du 18 juin 1940 et de la nuit du 9 au 10 septembre 1944 ont détruit les vitraux.
L'orgue Cavaillé-Coll

L’orgue Cavaillé-Coll.

  • C’est un orgue de salon construit en 1874 par le célèbre facteur Aristide Cavaillé-Coll pour M. Edouard André, riche collectionneur parisien qui l’a fait installer dans son hôtel particulier du 158 boulevard Haussmann (actuel Musée Jacquemart-André). Il a été payé 25228 francs. Un relevage effectué par la société Cavaillé-Coll en 1898 a coûté 1200 francs. L’orgue possède 784 tuyaux ; un appareil électrique permet d’animer la soufflerie.
  • Après la mort des époux André, l’orgue a été légué à l’Institut de France. Il a été acquis en 1921 par la paroisse de Decize, sur le conseil de M. Gabriel Monnot. L’orgue de Decize a été restauré en 1974 et 1995 par M. Claude Jaccard ; il est devenu propriété de la commune de Decize qui a assuré le financement des travaux de restauration.
  • En 1997 a été fondée l’Association du Patrimoine de l’Église Saint-Aré, dont l’un des objectifs est la mise en valeur de l’orgue au moyen de concerts, de conférences et de cours.

  • Bibliographie:
SOULTRAIT (Comte de), Statistique monumentale de la Nièvre, Nevers, 1851 (B.N.M. cote Morlon NM 391),
MALE (Emile), L'Art Religieux à la fin du Moyen-Age,
HANOTEAU (Jean), Guide de Decize, Moulins, 1937.
MERLE (Marcel), Decize, son histoire, Decize, Syndicat d'Initiative, 1975.
VOLUT (Pierre), Decize en Loire assise, Decize, édité par l'auteur, 1992.
VOLUT (Pierre), Decize et son canton au XIXe Siècle et à la Belle Epoque, Decize, édité par l'auteur, 1999.
La Semaine Religieuse du Diocèse de Nevers, n° 32, 14 août 1897, n° 33, 21 août 1897.
La Croix du Nivernais, n°275, dimanche 22 août 1897 ;
La Semaine Religieuse du Diocèse de Bourges, n° 1 et n° 2, 1er et 8 janvier 1898.
Calendrier paroissial, 1901 et 1902.
Raphaël BODIN et ses œuvres, documents A.D. Cher.

L'ouverture de la châsse de Saint Aré.

  • « Les dimanche et lundy cinquième et sixième jours de juin 1583, la châsse de pierre de Monsieur Saint Aré de Decize a été ouverte par le commandement de Monsieur l’Évêque. On a trouvé les ossemens de Monsieur Saint Aré, outre deux écrits en parchemain [sic]. Le premier est qu’il a été relevé corps saint il y a cinq cent six ans, le second qu’il a été fait ouverture de la châsse par deux évêques, où se sont trouvez lesdits ossemens Monsieur Saint Aré, où ils sont de présent. Et a été trouvé du linge et peaux où les ossemens sont en châsse aussi frais et beaux comme s’ils eussent été mis lesdits jours cy dessus. Je le dis pour l’avoir vu, et y avoir assisté, et plus de cent personnes, et après plus de cinq.
  • Le mémoire cy-dessus a été écrit et signé Colas nottaire, des mémoires duquel je l’ay fidellement extrait mot à mot, sans rien adjouter ni diminuer, à Desize ce trantième aoust 1694 et j’ay ajouté à la fin de ce présent registre(15) pour qu’il ne se perdît entièrement, en foy de quoy j’ai signé les jours, mois et an que dessus,
P. Horguelin, prestre(16).
  • Cette ouverture fut faitte sous le pontificat de Grégoire treizième, surnommé Hugues Bon Compagnon, gentilhomme boulonnois, grand jurisconsulte, qui tint chaire de St Pierre douze ans et quelques mois, acheva la réformation du calendrier, célébra le dixième jubilé l’an 1575 et corrigeat [sic] les gloses du décret. Etant pour lors empereur Rodolphe second, fils aîné de Maximilien, qui mourut le 20 février 1612, à l’âge de 60 ans, ayant régné 35 ans et quatre mois. Etant roy de France Henry troisième qui régna quatorze ans et mourut l’an 1589. Etant évêque de Nevers Monseigneur Arnaud Sorbin.
  • Il est à remarquer que Saint Aré vivoit sous le pontificat de Saint Grégoire le Grand, qui fut éleut pape en 590, sur la fin du sixième siècle, et tint la chaire de St Pierre 13 ans 6 mois et 10 jours, ayant succédé à Pélage second, et Sabinan Toscan luy succédat pour 2 ans 5 mois et 24 jours. Etant pour lors empereur Maurice de Cappadoce, gendre de Tibère second, qui fut tué par Phocas, ayant régné 20 ans, il fut le 90small>e</small> empereur, ayant succédé à son beau-père l’an de Rome 1333 et de grâce 584, et couronné par le P. Lejeusneux. Etant roy de France Clotaire second qui régna 44 ans et mourut l’an 631. Etant pour lors évêque de Nevers Saint Aré, estimé frère de Saint Austrillet, archevêque de Bourges. »
  • Suit la liste des 112 premiers évêques de Nevers. Le curé Horguelin a copié les 105 premiers, jusqu’à Edouard Vallot. Les suivants ont été rajoutés de différentes écritures. Les trois derniers sont Pierre de Séguiran (mort au printemps de 1789), Desuffrain (de Suffren, nommé en 1789) et Guillaume Tollet, évêque constitutionnel. Saint Aré ou Aregius n’est que le dixième évêque par ordre chronologique ; le premier se nomme Saint Austremonius ; neuf évêques ont été canonisés.

Le baptême d’une cloche de l’église

  • La foudre est tombée plusieurs fois sur le clocher de l’église. Une cloche a été fêlée ; aussi la paroisse décide-t-elle de faire fondre une nouvelle cloche, qui est baptisée le 7 août 1785 :
  • « Le sept aoust 1785, à l’issue des vêpres, je soussigné, en vertu du pouvoir à nous accordé par Monseigneur l’illustrissime et révérendissime Evêque de Nevers en datte du 3 juin dernier, avons fait la bénédiction de la première cloche de cette église. Le parrain a esté très haut et très puissant Seigneur Monseigneur Louis Jules Barbon Mazarini Mancini, Duc de Nivernois et Donziois, Pair de France, Grand d’Espagne de Première Classe, Chevalier des ordres du Roy, Prince du Saint-Empire, Noble vénitien, Baron romain, Gouverneur pour le Roy des provinces de Nivernois et Donziois, ville, bailliage, ancien fort et enclave de St-Pierre-le-Moustier, Lieutenant Général des Duchés de Lorraine et Bar, ci-devant ambassadeur extraordinaire auprès du Saint-Siège, et des cours de Prusse et d’Angleterre, Brigadier des armées du Roy, l’un des Quarante de l’Académie françoise et de celle des Inscriptions et Belles-Lettres, représenté par Maître Hugues Grenot, conseiller et notaire, et procureur du Roy au Grenier à Sel de cette ville et receveur de la fabrique. Sa marraine a esté haute et puissante Dame Marie Charlotte Armande Estiennette de Chastenay, épouse de haut et puissant Seigneur Maître Charles François Antoine de Barbarat de Mazirot, chevalier, seigneur de Mazirot, comte de Muret et de Naburon, conseiller du Roy dans tous Ses conseils, maître ordinaire en Son hôtel, président honoraire du Parlement de Metz, et Intendant de la Généralité de Moulins, représentée par dame Marie Anne Arnault, épouse de Jean-Marie Grenot, conseiller du Roy, Son contrôleur au Grenier à Sel et subdélégué de cette ville. Et laquelle a esté baptisée sous les noms de Louise Jules Estiennette. La cérémonie faitte en présence de Mr Antoine Hector Dominique Boutoute, vicaire de cette paroisse, de Messire Melchior Renaud, chevalier de l’Ordre Royal et Militaire de Saint Louis, lieutenant colonel de cavalerie et maire de cette ville, de Maître Claude Robinot, avocat en Parlement et procureur du fait commun de cette ville, de Maître Edmond Decray, notaire royal et conseiller du Roy et second échevin, de Maître Guillaume Decray, avocat en Parlement et lieutenant assesseur de cette ville, et juge en survivance, de Maître Léonard Robinot, procureur fiscal de laditte ville et châtellenie, de Mr Louis Nicolas Legaingneulx et Michel Conquis, fabriciens, et autres qui ont signé avec nous(17). »
  • Signatures de : M.-A. Arnaut Grenot, Grenot, Renaud maire, Dumont l’Aîné, Ducaroy, Robinot, Decray, Robinot, Grenot Cantin, Legaingneulx, Boutoute, Dumesnil, Douette le Jeune, Cuvillier, Grenot, Conquis, Grenot du Pavillon, Gervais, Ojame, Grenot le Jeune, Decray curé archiprêtre, Trutié de Varreux lieutenant du Roy des provinces de Nivernois et Donziois.

(1) Antoine-Charles Parmentier (1719-1790) était généalogiste et avocat ; il a présidé la Chambre des Comptes de Nevers. Il a été chargé par Mgr Tinseau, évêque de Nevers, de faire un tableau chronologique de tous les évêques de Nevers. En compilant un très grand nombre d'ouvrages religieux et de chroniques, Parmentier a écrit l'Histoire Sommaire des Evêques de Nevers. (Cf. A.D. Nièvre, manuscrit cote MS 3).
(2) Le pape Vigile, allié du général byzantin Bélisaire, a démis son prédécesseur Silvère, protégé des Goths. Il a beaucoup voyagé : Constantinople, Sicile, Grèce ; il a siégé sur le trône pontifical jusqu'en 555. Pélage, que Vigile avait exilé, et qui a été tenté par plusieurs schismes, lui a succédé jusqu'au 3 mars 561.
(3) Deux ermites, Euphrasius et Auxilius, auraient vécu dans une grotte située sur un flanc du rocher de Decetia, et l'évêque Aregius serait fréquemment venu leur rendre visite.
(4) Michel Cotignon, chanoine de Nevers, a publié en 1616 un Catalogue historial des Evêques de Nevers. Parmentier lui a emprunté le récit merveilleux du retour de Saint Aré à Decize.
(5) Cf. Pierre Volut, Decize en Loire assise, p. 242.
(6) Frédéric Girerd, Notice historique sur Decize, p. 5-6.
(7) Récit de Besacier, commissaire du greffe de Nevers, recopié par l'abbé Deplaye, repris par F. Girerd, F. Tresvaux de Berteux, J. Hanoteau et M. Merle.
(8) Cf. Marcel Merle, Decize, son histoire, p. 96.
(9) Inscription signalée par M. l'abbé François Montagnon.
(10) L'Association, 3 mars 1842.
(11) Le plus grand cimetière de la paroisse s'étendait, avant 1776, à gauche du choeur et le long de l'actuelle rue Jean-Jacques Rousseau, jusqu'à l'emplacement de l'actuel presbytère (construit en 1901) ; on accédait à l'église après avoir traversé le cimetière. A la suite de l'ordonnance royale de 1776, la ville de Decize a installé un cimetière au faubourg Saint-Privé ; le vieux cimetière a été progressivement déblayé.
(12) Il faudra attendre la fin du XXe siècle pour qu'un accès soit ouvert tout autour de l'église.
(13) Cf. Jean Hanoteau, Guide de Decize, op. cit., p. 57 à 59.
(14) Fondée par Anton Pustet, puis développée par son fils Friedrich, la maison d’édition Pustet de Ratisbonne s’est spécialisée dans les ouvrages religieux (Regensburger Marienkalender, Editio Typica…)
(15) Registre paroissial de Saint-Aré, années 1650 à 1660.
(16) Philippe Horguelin, curé de Saint-Aré de 1692 à 1699, n’a fait que recopier le mémoire de 1583. La première ouverture de cette châsse aurait eu lieu vers 1078. Les ossements de Saint Aré seront dispersés et brûlés en 1793. Les fragments de crâne et de tibia qui ont été préservés jusqu’à notre époque appartiennent-ils au même squelette ?
(17) Registre paroissial de Saint-Aré, 1785.



Texte et images communiqués par Pierre Volut. http://histoiresdedecize.pagesperso-orange.fr/index.htm Photos: Marie France Bureau Arnoux