Anec-Politique-Déroute financière de Law

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Cette année de 1720 a été assez abondante en blé et en grains, très abondante en en foin et de mémoire d’hommes on n’avoit pas recuëilli davantage. Copieuses et riches vendanges , mais le vin fut de mauvaise qualité et fort vert, à cause que toute l’année fut pluvieuse, il ne laissa pas cependant que de se vendre au pois chérement, mais le prix le plus commun étoit de 30 £ par tonneau . Au commencement et à la fin de l’année le blé de vendoit 14 s[ols] le bois[seau]. Au mois d’août il valut jusqu’à 24 s[ols] et ce à cause que la monnoye augmentait sans cesse considerablement.

Les ecus de 6 £ monterent jusqu’à 12 £ et continuellement ; il paraissoit des arrêts qui tantôt diminuerent, tantôt augmenterent les especes et l’argent n’ayant pas un prix fixe toutes les marchandises devinrent plus cheres qu’on ne les avoit jamais vës. Grand commerce dans le royaume, un grand nombre de gens riches devinrent pauvres, et de très mal à leur aise devinrent commodes ; les uns parce qu’on leur remboursoit et les autres parce qu’ils remboursoient avec des billets de banque, argent de papier inventé par le sieur Law # on prononcoit Law comme si on dit Las# anglois établi controlleur general en France par M. le duc d’Orléans régent.

Quantité de terres changerent de maitres. Cette méme année dans notre voisinage Mad. d’Anlezy de Monparreux vendit dornes à Monsieur Alexandre, Mad. de Lamenay vendit lamenay et toute sa terre de Cossaye avec Craux à Mons. Rodot et à monsieur le marquis des pouilly ; les mémes eurent encore de Mademoiselle de Bessay des Gentils la terre d’Aglan. Monsieur Bonfils acheta de Messieurs de dardigny et Cossaye la terre de Bauvoir qui fut venduë 175000 £ quoiqu’elle fut en trés mauvais etat , ainsy que Dornes qui fut vendu 190000 £, et Lamenay Craux avec ce qui est dans Cossaye , dépendance dud. Lamenay qui fut vendu 400000 £ ; Aglan vendu 53000 £

Il ne s’est manqué que de treize francs que mon casuel ne m’ait tant valu que l’année précédente ; j’ay fait trois services vulye (?) chantés, et j’ay eu trois libera à dire tous les dimanches de l’année, revenu bien extraordinaire dans cette paroisse. Depuis que je suis curé icy je n’ay jamais manqué de retributions pour mes messes, et souvent on m’en a tant donné à célébrer que j’ay souvent aussy été obligé de les faire acquitter par mes confreres voisins.

J’ay faits ces sortes de remarques qui sont en général assez indifférentes, mais quelques uns les rejettent, elles ne déplaisent peut être pas aux autres. Les rentes furent encore réduites la fin de l’année 1720 au denier cinquante"


  • Source: BMS de Toury sur Abron - Bernard LAUDET