Verrerie Saint Léger des Vignes

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Les débuts de la verrerie de Saint-Léger

  • La première Verrerie de Saint-Léger a été fondée avant la Révolution Française. En 1724, Bernard de Borniol, né à Nevers le 4 septembre 1674, fils de verrier, demande l'autorisation d'installer une verrerie à " Desize ". Le duc accorde son autorisation le 8 juillet, et Louis XV octroie les lettres patentes pour " Verreries et Cristaux " le 29 mai 1725. Un premier site industriel, la Verrerie Royale, s'implante alors à la place actuelle de l'école maternelle ; elle est dirigée en 1785 par le sieur Piéton, puis au début du XIXe siècle par les frères Farge, puis les sieurs Mozer et Godard ; elle ferme en novembre 1840.
Fabrication de bouteilles
  • Une nouvelle Verrerie est construite près de la Loire en 1838 par la Compagnie des Mines de La Machine. Elle est rachetée par la Compagnie Schneider en 1869 qui en confie la gestion, dix ans plus tard, à la famille Clamamus ; puis, par alliance, la Verrerie est transmise à la famille de Burine. Elle se modernise et profite de l'augmentation du commerce des vins. Elle fabrique des bouteilles pour le champagne, pour le bordeaux. Une carte postale représente le déchargement à Épernay d'une péniche provenant de Saint-Léger. En 1898, la Verrerie produit 2,5 millions de bouteilles. Elle emploie près de deux cents ouvriers, qui ont fondé en 1891 le premier syndicat ouvrier du canton.
Un courrier daté de 1901
  • La Verrerie de Saint-Léger est absorbée par les Verreries Champenoises.
  • Pendant la Première Guerre Mondiale, de nombreux ouvriers verriers réfugiés de la région de Reims travaillent à la Verrerie de Saint-Léger. L'entreprise est ensuite reprise par les Verreries Champenoises.
  • Dans le bulletin de la Société des Amis du Vieux Reims, n°8, décembre 2000 : Regards sur notre Patrimoine, Histoire des verreries rémoises, Emile Charbonneaux, on peut lire :
*Pol Charbonneaux a fondé sa première usine en 1870 au lieu-dit Pont-Huon, à Reims. En 1892, avec quatre fours Siemens, l'usine Charbonneaux est l’une des mieux équipées de France. Elle construit des isolateurs électriques en verre pressé-moulé et surtout des bouteilles champenoises (verre épais capable de résister à une pression importante). En 1907, la verrerie emploie 1198 personnes et produit 12 à 13 millions de champenoises.
*Émile Charbonneaux (1863-1947), neveu de Pol, dirige l'entreprise à partir du début du XXe siècle. Il la modernise, bâtit une cité de logements pour ses ouvriers. Pendant la Première Guerre mondiale, la ville de Reims est assiégée. La verrerie Charbonneaux continue ses activités, malgré l'évacuation d'une partie de son personnel. Émile Charbonneaux s'associe avec les dirigeants de la Verrerie de Saint-Léger-des-Vignes, afin d'alimenter le sud de la France en bouteilles.
*Après 1918, l'usine de Reims est reconstruite, la production est automatisée.


La fin de la verrerie et la difficile reconversion des verriers de Saint-Léger.

  • En 1931, Émile Charbonneaux s'allie au groupe Souchon et Neuvesel (devenu ensuite B.S.N.) et les nouveaux dirigeants décident de fermer l'usine de Saint-Léger, trop excentrée par rapport à leurs clients et trop archaïque.
  • La fermeture est effective le 30 novembre 1931. 320 ouvriers (dont 45 étrangers) et 45 ouvrières sont licenciés. Seuls restent 15 ouvriers et employés chargés de l'entretien et de l'expédition des derniers stocks de bouteilles. Désormais, il y a plus de 150 chômeurs dans la commune de Saint-Léger, qui ne compte alors que 1780 habitants. Le maire de Saint-Léger Alexandre Nourry, le nouveau député Georges Potut et le préfet cherchent des possibilités de réemploi.
  • La société Schneider, qui possède les mines de La Machine et les aciéries d'Imphy, est elle-même confrontée à la sous-production et doit se séparer de "plus de 400 unités" (euphémisme employé par l'un des responsables dans une lettre au préfet). Les mines n'ont embauché qu'une dizaine d'anciens verriers, et cinq chômeurs ont refusé les postes proposés. Les services de la préfecture établissent un inventaire des entreprises susceptibles d'embaucher les verriers au chômage - ne serait-ce que pour une courte période : le service de la navigation de Decize, l'entreprise de travaux publics Bonandrini qui restaure le ballast sur la ligne Nevers-Moulins, Le Matériau Routier Français qui effectue des travaux le long du Canal du Nivernais, les carrières et les mines de kaolin.
  • Depuis les premiers soubresauts de la crise économique en octobre 1929, l'État, les départements et les communes ont mis en place des organisme de placement et créé des fonds de chômage.
  • Mais les indemnités versés aux travailleurs privés d'emploi sont bien minces : sept francs par jour. Le 27 mars 1933, le député Georges Potut intervient auprès du Ministre du Travail afin de rectifier une injustice : les jeunes gens âgés de plus de 16 ans, vivant chez leurs parents, n'ont droit qu'à l’indemnité de quatre francs par jour ; le ministre répond que l'aide de sept francs est strictement réservée aux chefs de familles... (Journal Officiel, 8 mai 1933 ; A.D.N., cote 1 M 4542, Cabinet du Préfet.)
  • Les communistes se mobilisent contre le chômage. Une Journée Internationale contre le Chômage est organisée le 25 février 1931. Dans la Nièvre, elle n'a qu'un faible écho. Le 17 janvier 1932, la C.G.T. convoque les anciens verriers au café Montagne, à Saint-Léger pour une réunion sur le chômage. Environ 80 personnes viennent écouter l'orateur Keyser (ouvrier à Bourges).

Abandon des locaux.

  • Pendant une dizaine d'années, les locaux sont abandonnés.
  • Cependant un projet d'installation d'une usine d'engrais de la Société L'Azote est proposé à la municipalité en 1939. L'enquête de commodo et incommodo révèle une forte opposition des riverains. Puis vient la guerre, pendant laquelle, d'après les souvenirs de plusieurs Léogartiens, un incendie détruit une partie des locaux.

L'entreprise Goodrich s'installe à Decize.

  • La Seconde Guerre mondiale est indirectement à l'origine d'une reconversion de l'ancienne Verrerie de saint-Léger. Le 30 avril 1942, une bombe tombe sur l'usine Goodrich-Colombes à Colombes. Cette usine fabrique depuis une quinzaine d'années des pneumatiques et un certain nombre de produits industriels : des courroies de transmission pour les véhicules et l'industrie ; des tuyaux de grande longueur pour les usages courants ; des bandes transporteuses ; des objets moulés tout caoutchouc ; des radia-coudés (durits) pour les automobiles.
  • Devant les dégâts provoqués par la bombe, la direction décide de se séparer, à Colombes, du caoutchouc industriel, de façon à retrouver de la place pour les pneumatiques. Un émissaire est alors désigné pour trouver un site de repli : M. Louis Nouvelle est originaire de la Nièvre, et plus particulièrement des environs de Decize. Une usine de feutre (la chapellerie des Caillots), créée en 1922 par un Américain, M. Warburton et récemment fermée, offre un site qui convient.
  • La décision est prise très vite et, en juillet 1942, un atelier de mélanges, un atelier de traitement des tissus et un atelier de courroies de transmission démarrent, avec du matériel transféré de Colombes.
  • Les premiers résultats sont si encourageants que la direction décide de déménager l'atelier des tuyaux de grande longueur (appelés tuyaux sans plomb). Le premier directeur est M. Guerville.
1944 : Un bâtiment est construit et le matériel acheminé. La fabrication démarre. A ce moment, l'effectif de l'usine est de 300 personnes.
1945 : La Société qui s'appelait Goodrich-Colombes prend le nom de Kléber-Colombes, la maison Goodrich ayant cédé une part du capital à un groupe français dont le siège se trouve avenue Kléber, à Paris. L'usine se développe rapidement, dirigée par une équipe embauchée sur place et par quelques éléments de qualité venus de Colombes. Les ateliers occupent environ 11000 mètres carrés.

La Société Industrielle et Immobilière de Decize.

  • Afin de loger ses nouveaux cadres et ouvriers, Kléber-Colombes crée la Société Industrielle et Immobilière de Decize, chargée d'acheter des terrains et de bâtir des logements. M. Nouvelle, responsable de la S.I.I.D., achète l'ancienne verrerie et les terrains adjacents.
  • Le bâtiment principal de la verrerie est consolidé et aménagé pour accueillir diverses activités sportives, médicales et culturelles, ouvertes en priorité aux ouvriers de l'usine Kléber-Colombes et à leurs enfants : gymnase, bureau de médecine du travail, bains-douches (à une époque où la plupart des logements ne disposent pas de salles de bains). Les arbres de Noël et les bals du Comité d'Entreprise Kléber-Colombes auront lieu dans la grande salle.
  • Les terrains qui s'étendent entre ce bâtiment et la ligne de chemin de fer sont déblayés (8000 mètres cubes de terre et de déchets de verre sont enlevés) et transformés en stade.

L'ensemble reçoit le nom de Centre Fresneau.

  • François Fresneau de La Gataudière (1703-1770), ingénieur du roi chargé des fortifications de la Guyane, découvre dans la forêt amazonienne les propriétés de la gomme de l'arbre appelé hévé par les Indiens. Il rencontre à Cayenne le scientifique Charles Marie de La Condamine qui présente cette découverte du caoutchouc à l'Académie des Sciences. Fresneau lui-même est élu à cette Académie.
Le stade (vue aérienne)

Un conflit à propos de terrains de sport.

  • Depuis 1936, la municipalité de Saint-Léger et les instituteurs souhaitaient aménager un terrain de jeux pour les enfants des écoles. En avril 1937, ils avaient loué à M. de Burine – dernier directeur de la Verrerie – un terrain au lieu-dit Le Champ du Puits, mais dès la fin de cette même année, le propriétaire avait repris son terrain. Il fallait donc trouver un autre terrain.
  • Le maire décide alors d'entrer en pourparlers avec les héritiers Bertillot pour un pré qui se trouve face aux écoles. L'Inspecteur d'Académie de la Nièvre encourage ces démarches. L'affaire est presque conclue en mai 1945, d'autant plus que l'héritière, Mlle Mignon-Bertillot, est disposée à vendre en même temps un autre terrain, où sera installée la nouvelle mairie (l'ancienne se trouvait au centre du bâtiment des écoles). En septembre 1946, l'architecte Henri Cristo établit des plans et devis pour le terrain de sports ; « les jeunes gens de la commune sont disposés à faire bénévolement » le nivellement du pré Bertillot.
  • C'est alors qu'entre en scène la S.I.I.D. Elle achète à Mlle Mignon-Bertillot la parcelle cotée n° 345 section B au cadastre communal. Le maire déplore la concurrence déloyale de Kléber-Colombes ; il déclare : « On peut prétendre que cette société, avec ses pouvoirs financiers, cherche à annihiler l'autonomie que toute collectivité doit conserver. » La déception est d'autant plus grande que le Ministère de l'Éducation refuse un projet qui était avant tout destiné aux activités scolaires.
  • Les dirigeants de la S.I.I.D. lotissent l'ancien pré Bertillot, devenu en 1950 la Cité Annapurna. Maurice Herzog, cadre de Kléber-Colombes, séjourne alors chez M. Boyer, directeur de l'usine de Decize. Après son ascension de l'Annapurna, « premier 8000 mètres », il prononce plusieurs conférences sur l'alpinisme.
  • Les enfants des écoles ne peuvent pratiquer le sport en face des classes, mais ils ont la possibilité d'utiliser le Centre Fresneau, que Kléber-Colombes met à leur disposition. L'accord n'est pas facile. Les instituteurs et le maire objectent plusieurs arguments :
d'abord, entre l'école et le Centre Fresneau, il faut traverser la voie ferrée et la S.N.C.F. vient de remplacer le poste de garde-barrière du passage à niveau par des barrières automatisées
un autre itinéraire est possible en empruntant un petit tunnel
les maîtres et maîtresses d'école tiennent absolument à conserver leur indépendance absolue pendant l'utilisation des installations sportives du Centre Fresneau.
  • Un compromis est trouvé le 24 juin 1950. Les écoliers pourront venir effectuer gratuitement des exercices physiques au Centre Fresneau deux jours par semaine. Le protocole est établi pour une durée de 18 ans.

La S.I.I.D. modifie le paysage urbain de Saint-Léger.

  • Avant 1950, la commune ne compte que quelques séries de logements ouvriers, que l'on ne peut décemment pas appeler des « cités ouvrières ». Le long de la route de La Machine, entre le petit château de la Charbonnière et celui de la Guédine – deux résidences des directeurs successifs des Verreries -, des maisons d'ouvriers verriers ont gardé leur aspect d'autrefois. Face à la Seconde Verrerie, six maisons symétriques, de deux logements chacune, avaient été bâties par la Compagnie des Mines ; en 1925, à la suite d'une grève, plusieurs familles ont été expulsées par la force policière ; des procès ont suivi. Après la fermeture de 1931, ces maisons ont été vendues.
  • La S.I.I.D. a construit à Saint-Léger, entre 1950 et 1960, sur les plans des architectes Laprade, Vernon et Philip, plusieurs séries de maisons : la Cité Annapurna, déjà mentionnée ; un grand immeuble et plusieurs maisons qui entourent le Centre Fresneau ; leur architecture est assez bien intégrée dans le paysage ; les lotissements et maisons individuelles qui ont rempli les espaces intermédiaires ont respecté cette harmonie. Il n'en est pas de même pour trois groupes de villas bâties pour les cadres de l'usine : l'architecte a choisi des toits plats, de grandes baies vitrées, des murs de pierres apparentes ; ces villas semblent issues du film de Jacques Tati « Mon Oncle » et leur confort laisse à désirer cinquante ans après leur construction (manque d'isolation, humidité...)
  • A partir de 1960, Kléber-Colombes a dû faire face à un afflux encore plus important de salariés venus de Clichy. Le choix a été différent. Les nouveaux lotissements ( La Pie Verte, l'Hippodrome) sont situés à Decize et ils ont contribué au développement du Faubourg d'Allier.

La création de l'Espérance de Saint-Léger.

  • Entre 1946 et 1948, deux structures parallèles se créent à Saint-Léger. Un Office Municipal des Sports et de la Culture Populaire est présidé par le maire Pierre Perronnet. Et Kléber-Colombes fonde un club omnisport, l'Espérance, dont le premier président est M. Nouvelle.
  • Les premières sections se forment :
gymnastique,
athlétisme
  • M. Nouvelle tente de lancer d'autres sports : la lutte, le volley-ball, l'escrime ; mais ces spécialités n'attirent pas les jeunes. Le tennis est déjà pratiqué à Decize.
  • En 1948 est créée la section canoë-kayak, qui deviendra rapidement l'Espérance Canoë de Decize (puisque ses installations se trouvent sur le territoire de Decize). Les canoeistes de l'E.C.D. Participent à plusieurs Jeux Olympiques Dransart, Loreau, Lépron, et plus récemment Joël Bettin et Pascal Sylvoz.
  • Une section boxe est créée en 1949. Les meilleurs boxeurs de cette époque se nomment Ways, Greckowiack, Huard, Dahmane et Kaldi Kaddour (ce dernier est surnommé l'Eclair d'Alger). Des galas les opposent aux boxeurs de Nevers, de Moulins. Louis Revenu est champion de France en 1960, il participe aux J.O. de Rome ; Marcel Aurousseau fait une carrière professionnelle.
  • La section la plus originale est consacrée au Patinage. Comme Saint-Léger ne dispose pas d'une patinoire – sauf quand le canal est gelé -, les patineurs utilisent des patins à roulettes. Cette activité est affiliée à la Fédération Française de Roller-Skating ; elle cesse en 1954.
  • En 1953, MM Denhaut, Lepère et Polier fondent la section boules B.E.S.L.
  • Puis vient la section Tennis de Table.
  • Une autre section importante voit le jour en 1961: le club de rugby, autour de l'abbé Nicholas Glencross, curé de Saint-Léger, et de MM. Desbois, Crochet, Nouvelle, Cantat et Saadi. La première saison en championnat d'Auvergne est difficile. Au cours des années suivantes, l'E.S.L. rugby parvient à monter jusqu'en nationale.
  • Le Centre Fresneau accueille des tournois de jeunes, le Challenge Marius savre, et même une année le championnat scolaire et universitaire de Jeu à XIII, le sport frère et rival du rugby à XV. Une démonstration de football américain en 1985.
  • La section athlétisme fusionne avec la Vaillante de Prémery ; le fondiste et marathonien Robert Gomez est champion de France. En 1967, les athlètes de l'E.S.L.-V.P. affrontent leurs homologues de Betzdorf, ville de Rhénanie jumelée avec Decize. Plus tard, l'E.S.L. est représentée au niveau national par le décathlonien Jean-François Raffali, plusieurs perchistes et athlètes de cross-country.
  • Une section judo se forme en 1966. Un club d'aïkido est venu plus récemment.

L'inauguration d'un des plus beaux stades de France

(Appréciation enthousiaste du correspondant du Journal du Centre).

  • Le 7 octobre 1951, le Centre Fresneau est inauguré officiellement. Un grand meeting d'athlétisme réunit deux champions olympiques (le Berge Gaston Reiff et le Jamaïcain Arthur Wint) et quelques uns des meilleurs athlètes européens. Année après année, les compétitions d'athlétisme se suivent sur la seule piste en cendrée du département : championnats de la Nièvre, challenges Kléber-Colombes, compétitions inter-départementales, etc...
  • Le Centre Fresneau est doté de tribunes, creusées à flanc de coteau, qui peuvent réunir 3000 spectateurs. Le stade est d'abord destiné aux rencontres de football. L'A.S. Decize reçoit plusieurs clubs luxembourgeois et anglais, pour des matches amicaux. En 1955, en 16e de Coupe de France, Quevilly et Draguignan ne parviennent pas à se départager et le match est perturbé par une averse de neige. Chaque année, à l'occasion du premier mai, le Centre Fresneau organise des rencontres de gala. En 1957, le Red Star de Paris affronte le B.C. Augsburg, en 1959 Scunthorpe United joue contre le S.S.V. Reutlingen, en 1962 l'A.S. Brest et l'A.S. Strasbourg se quittent sur un match nul 1-1. Le premier mai de cette année, Nîmes Olympique bat le S.C.O. Angers par 4 buts à 2 ; les deux clubs avaient eu parmi leurs joueurs le Decizois Robert Lamartine.
  • Mais la commune de Decize améliore ses propres installations sportives et l'A.S. Decize joue désormais tous ses matches se déroulent au stade des Halles. La pelouse du Centre Fresneau devient le domaine réservé de l'Espérance rugby.

Les utilisations culturelles du Centre Fresneau.

  • Le stade du Centre Fresneau est utilisé de façon plus éphémère par les enfants de la commune pour la traditionnelle Fête des Ecoles, pour des défilés de carnaval ou d'autres animations : par exemple la présentation de modèle réduits volants, le défilé du Bicentenaire de la Révolution Française en 1989 ou les festivités de l'An 2000. La grande salle et les abords du Centre Fresneau sont envahis chaque année depuis 1983 par la Foire aux Puces.
  • Lors de l'acquisition de l'ancienne verrerie, Kléber-Colombes a manifesté le désir de la transformer en centre à la fois culturel et sportif. Pendant les vingt premières années, le volet culturel de ce projet a été consacré au théâtre et aux projections de films. Deux troupes locales ont présenté des spectacles théâtraux dans la grande salle :
une troupe fondée à Saint-Léger autour de l'abbé Glencross a joué régulièrement dans les années 1950,
la troupe de la cité scolaire a joué de 1967 à 1970 : L'Alouette de Jean Anouilh, La Guerre de Troie n'aura pas lieu de Jean Giraudoux, La Revizor de Nicolas Gogol, et Le Goûter des Généraux, cette dernière pièce a suscité une petite polémique.
  • La musicienne Marguerite Monnot joue plusieurs fois dans la grande salle du Centre Fresneau ; en octobre 1952, elle accompagne le chanteur Jean Bretonnière (auteur du tube Toi ma p'tit' folie) ; elle vient aussi avec son époux Paul Péri, interprète de chansons fantaisistes.

Les conférences et films Connaissance du Monde.

  • Chaque année, entre 1956 et 1978, des conférences, projections de diapositives et petits films, dans le cadre de Connaissance du Monde, ont permis au public de voyager dans les contrées les plus diverses :
Maurice Herzog (ascension du Makalu), Roger Frison-Roche et Jacques Arthaud (La Laponie), Albert et Louis Mahuzier (voyages en famille dans les pays les plus lointains), Marcel Isy-Schwartz (Incroyable Amérique), Francis Mazière (les Iles du Pacifique), Christian Zuber (les Iles Galapagos) ;
le conférencier Gilbert Leuck, du Centre Fresneau, propose des titres accrocheurs : Douce et rude Norvège, Cuba monde étrange des Caraïbes, Surprenante Autriche, Mystérieuse île malgache.
  • Ces conférences se tenaient en matinée pour les scolaires et en soirée pour les familles.

Kléber-Colombes vend le Centre Fresneau à la commune.

  • En 1983, la municipalité de Saint-Léger émet le souhait d'acquérir le Centre Fresneau, de le moderniser et de l'agrandir. Il convient au préalable de négocier un prix d'achat abordable pour une commune qui ne compte que 2000 habitants. Le projet global s'élève à 8,2 millions de francs ; le conseil municipal espère obtenir des subventions du département, de la région et de l'état. Dans cette somme, il faut avant tout payer 970000 francs à l'entreprise Kléber-Decize, qui vient d'entrer dans le groupe Michelin.
  • Après deux ans de négociations, Kléber révise son prix à la baisse. La commune de Saint-Léger verse 920000 francs et prévoit 450000 francs pour la rénovation des locaux et du stade ; elle émet un emprunt de 960000 francs. Le budget communal d'investissement est de 1,6 M de francs cette année-là.

Le Centre Omnisport.

  • Une deuxième tranche de travaux est lancée en mai 1987 : la commune finance 370000 francs ; les subventions départementales s'élèvent à 800000 francs. La piste et les aires de saut sont refaites en revêtement synthétique. Un nouvel éclairage est installé autour du stade.
  • L'architecte local Debeaumarché établit les plans d'un nouveau bâtiment, destiné à l'hébergement des groupes : sportifs, scolaires, jeunes en séjours linguistiques. Les travaux sont achevés en juin 1990.
  • Un mur d'escalade est aménagé sur l'un des pignons de ce bâtiment ; à cette occasion se crée une nouvelle spécialité sportive, le Fun Escalade de Saint-Léger.
  • L'année suivante, une couverture partielle des gradins est réalisée sur les plans de l'architecte Thierry Hébert.

Le Centre d'accueil.

  • L'acronyme CASTELL signifie Centre d'Accueil Sportif, Touristique, Éducatif et de Loisirs Léogartien a été choisi en mars 2006 pour désigner le complexe rénové du Centre Fresneau. Il offre les aménagements suivants :
le stade,
la piste synthétique de 400 mètres, et les aires de saut et de lancer,
les vestiaires,
la salle de gymnastique avec praticables,
le ring de boxe,
la salle de judo,
la salle de tennis de table,
le bâtiment d'hébergement de 50 places : 12 chambres à 2 ou 4 lits ; 2 chambres à 2 lits pour l'encadrement, un hall d'accueil et des salles de services. Ce bâtiment accueille régulièrement des stages très variés (par exemple des groupes de gardes du corps de personnalités...)
  • Une nouvelle phase de travaux était en projet depuis 2010 : une cuisine moderne, destinée aux stagiaires autant qu'aux élèves des écoles de Saint-Léger ; elle pourrait remplacer avantageusement la cuisine scolaire ; faute de crédits et en l'attente de fonds européens supplémentaires, cet aménagement a été abandonné en avril 2012 et une cuisine plus modeste a été installée près du Centre Social.
  • La commune de Saint-Léger-des-Vignes s'est développée tout au long du XIXe siècle autour de la Verrerie, passant de 600 habitants en 1806 à près de 2000 en 1900 ; les ouvriers verriers, comme les mariniers et les ouvriers des plâtreries constituaient l'essentiel de cette banlieue industrielle de Decize.
  • Conséquence de la concentration industrielle, la fermeture de la Verrerie a été un drame pour la population, comme on le constate en lisant les réactions des élus locaux dans la presse des années 30. Saint-Léger-des-Vignes aurait pu hériter d'une friche industrielle. Un phénomène inverse, la décentralisation, pendant la Seconde Guerre mondiale, a entraîné l'implantation de Goodrich (Kléber-Colombes) à Decize et la nouvelle vie de la Verrerie : ce n'est pas une reconversion industrielle, mais une reconversion dans deux domaines nouveaux de la vie sociale, le sport et la culture. Le Centre Fresneau est le centre vital de la commune :
les diverses sections sportives comptent près de 800 licenciés qui se recrutent parmi les 2050 habitants de la commune mais aussi à Decize et dans les environs ;
le Centre Fresneau s'inscrit dans un projet culturel et touristique plus global, avec le Centre d'Interprétation du Toueur, avec l'aménagement du Bassin de Saint-Thibault et des berges du Canal du Nivernais.


Pierre Volut, Le Marteau-Pilon, 2013.

BIBLIOGRAPHIE :

- Archives Municipales de Saint-Léger :

registres des délibérations municipales ;
bulletin municipal ;
dossiers et plans du Centre Fresneau (1946, 1987, 1990),

- Archives Départementales de la Nièvre :

Marie-Françoise GRIBET, L'Activité industrielle dans le Val de Loire entre Digoin et l'agglomération de Nevers, thèse Paris I, 1978 ;
inventaire communal, 1979-1980, microfiche 6 Fi divers 16 ;
Verrier à Saint-Léger il y a un siècle, Sud-Nivernais, n°46, 16 août 1991 ;

- presse nivernaise :

Le Journal du Centre, différents articles entre 1914 et 2012,
cf. Pierre Volut, Un Siècle à Decize et aux environs, DVD-ROM, 2012 ;
dossier de presse DN 280, Médiathèque de Nevers ;

- sites Internet de la commune de Saint-Léger-des-Vignes et de Serge Adam : stleger.info

Texte et images proposés par Pierre Volut et mis en page par Michel Mirault le 25 novembre 2016